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Les panthères noires de Pierre Dunand

Publié le , par Philippe Dufour
Vente le 24 novembre 2022 - 10:00 (CET) - 31, boulevard d'Alsace - 06400 Cannes

Lors de cette session dévolue aux arts décoratifs, l’une des laques exotiques du créateur parisien devançait un ensemble art nouveau, dû au talent d’Eugène Gaillard.

Pierre Dunand (1914-1996), Les Panthères s’abreuvant, laque sur panneau à fond d’or... Les panthères noires de Pierre Dunand
Pierre Dunand (1914-1996), Les Panthères s’abreuvant, laque sur panneau à fond d’or signée, 140 199,5 cm.
Adjugé : 85 800 

Dans la famille Dunand, on demandait cette fois Pierre, le fils de Jean et lui aussi laqueur d’exception, avec Les Panthères s’abreuvant (voir l'article Les Dunand, la laque de père en fils de la Gazette n° 41, page 218). Un exemple parfait de son travail que cette laque sur panneau à fond d’or, signée (140 199,5 cm), triomphant ici pour 85 800 €, à partir d’une estimation haute de 15 000 €. De fait, ce score remarquable constitue le deuxième meilleur résultat inscrit par une œuvre de l’artiste (source : Artnet). Il est vrai que réalisée dans la continuité de la technique et du style paternels, elle avait bien des atouts pour s’envoler… en particulier cette séduisante inspiration exotique qui rappelle une autre réalisation, des années 1940, de Pierre Dunand : la décoration en panneaux de laque du salon de bridge du paquebot La Marseille, sur le thème de la jungle. On pouvait lui préférer le mobilier de salle à manger par Eugène Gaillard, un ensemble en noyer vernissé et laiton sculpté de volutes ; il se compose d’une table à épais plateau rectangulaire et piétement d’angle à jambes galbées, réunies par deux entretoises (73 130 114 cm), huit chaises à dossier et assise recouverts de cuir (94,5 45 45 cm chacune), une grande vitrine (222 205 55,5 cm) et un meuble-desserte (170 145 61 cm). Ce modèle créé pour le pavillon de L’Art nouveau Bing à l’Exposition universelle de Paris de 1900 – auquel collabora largement Gaillard – partait à 16 900 €. Pour la même somme, on enlevait une exceptionnelle miniature de Mohammed Racim, d’après un poème sur la chasse de l’émir Abdel Kader. Cet artiste du XXe siècle, peintre calligraphe et miniaturiste, est le fondateur de l’école algérienne de miniature. Celle présentée ici, sur vélin avec rehauts dorés (33,5 25,5 cm), provient d’ailleurs de l’ancienne collection que Louis Meley (le mécène de la villa Abd-el-Tif), avait rassemblée à la villa el-Bahari près d’Alger.

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