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Le Rêveur de la forêt au musée Zadkine

Publié le , par Valentin Grivet

Injustement méconnu des Parisiens, le musée Zadkine accueille une exposition d’une intelligence et d’une délicatesse rares. Les salles intimistes de l’ancienne maison-atelier du sculpteur russe invitent à une réflexion sur la forêt et sur les relations que l’homme entretient avec elle depuis la nuit des temps. Complémentaire...

Max Ernst, La Dernière Forêt, 1960-1970, huile sur toile, 114 x 145,5 cm (détail),... Le Rêveur de la forêt au musée Zadkine
Max Ernst, La Dernière Forêt, 1960-1970, huile sur toile, 114 145,5 cm (détail), dépôt au musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole.
© ADAGP, 2019, photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN Grand Palais/image Centre Pompidou.

Injustement méconnu des Parisiens, le musée Zadkine accueille une exposition d’une intelligence et d’une délicatesse rares. Les salles intimistes de l’ancienne maison-atelier du sculpteur russe invitent à une réflexion sur la forêt et sur les relations que l’homme entretient avec elle depuis la nuit des temps. Complémentaire de celle de la fondation Cartier («Nous les arbres», jusqu’au 10 novembre), l’exposition réunit une quarantaine d’artistes modernes et contemporains autour d’Ossip Zadkine (1890-1967), dont les torses sculptés dans des troncs d’acacia, de noyer ou d’ébène prennent ici toute leur dimension. Structuré en trois temps, le parcours s’ouvre avec «La lisière», qui évoque la forêt comme frontière de la civilisation. Une nature sauvage, brute, primitive, matérialisée par des œuvres de Gauguin, Derain, Dubuffet, Giacometti ou Picasso. «Genèse» s’intéresse ensuite à la vie dans la forêt (avec L’Oiseau d’or de Zadkine et la Chauve-souris aux ailes déployées de Germaine Richier), en mettant l’accent sur l’interdépendance de tous les règnes, humain, végétal et animal. Cristallisée dans les formes organiques de Jean Arp, celle-ci trouve son plus bel écho dans la confrontation d’une photographie de Raoul Ubac (Le Sein dans la nature, 1935) avec Parle Ment Branches (2017) de Laure Prouvost, fusion gracile d’organes féminins et de brindilles. Enfin, «Bois sacré, bois dormant» associe Jean Carriès, Auguste Rodin, Max Ernst, Laurie Karp, le duo Christophe Berdaguer et Marie Péjus, autour des mythes et des légendes liés à la forêt. Rêves ou cauchemars, leurs visions referment une exposition fine, dont le propos écologiste est porté par la justesse et la beauté des œuvres.

Musée Zadkine,
100 bis, rue d’Assas,
Paris VIe,
 tél. : 01 55 42 77 20.
Jusqu’au 23 février 2020.
www.zadkine.paris.fr. 
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