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Le musée des Confluences donne la parole aux fleuves du monde

Publié le , par Armelle Fémelat

Nul lieu n’apparaît plus approprié pour accueillir une exposition sur le sujet que ce musée qui s’élève à la jonction du Rhône et de la Saône. Tous les fleuves du monde prennent ici la parole, pour évoquer les liens qui les unissent aux hommes. Engagé et didactique, le propos est ambitieux et la forme, jouant de l’incarnation,...

Ti’iwan Couchili (née en 1972), Tïtïpkai, début du XXIe siècle, bois d’amarante et... Le musée des Confluences donne la parole aux fleuves du monde
Ti’iwan Couchili (née en 1972), Tïtïpkai, début du XXIe siècle, bois d’amarante et pigments minéraux (détail).
© Musée des Confluences - Olivier Garcin

Nul lieu n’apparaît plus approprié pour accueillir une exposition sur le sujet que ce musée qui s’élève à la jonction du Rhône et de la Saône. Tous les fleuves du monde prennent ici la parole, pour évoquer les liens qui les unissent aux hommes. Engagé et didactique, le propos est ambitieux et la forme, jouant de l’incarnation, risquée. Mais le pari est réussi. Immersive, la scénographie s’apparente à une pérégrination au gré des sinuosités d’un cours imaginaire, ponctuée des thématiques du mystère des sources, de la couleur des confluences, de la force des flots, des enjeux écologiques et géopolitiques des deltas et autres estuaires. Au royaume des fleuves, les divinités se parent de noms et formes multiples, comme l’évoquent des objets rituels de Papouasie-Nouvelle-Guinée à l’effigie du crocodile, les statuettes des dieux des eaux chinois sous la dynastie Qing, un fleuve en terre cuite de 1737 de Robert Le Lorrain ou la peinture sur bois du XVIIIe de l’école de Tanjore, figurant la danse cosmique de Shiva face à la déesse du Gange. D’autres pièces renvoient aux conquêtes par voie fluviale, que ce soit l’immense peinture sur soie des années 1765 restituant la traversée du fleuve Jaune par l’empereur Qianlong ou le cliché de Louis Desplagnes, en 1903-1904, d’une exploration sur le Niger. Une série de toiles brossées en plein air par Monet, Corot, Pissarro, Renoir et Marquet figurent dans la section dévolue aux couleurs, tandis que La Cascade de Terni par Carlo Labruzzi renvoie au sublime de la force et de la beauté de l’élément. Ni la pollution ni la confiscation de certains cours d’eau ne sont éludées. On nous rappelle que l’All-American Canal prive les réserves indiennes d’eau potable à la frontière du Mexique, tandis qu’une peinture sur bois de l’Amérindienne de Guyane Ti’iwan Couchili dénonce l’exploitation de plomb et de mercure. Fort heureusement, les fleuves comptent de nombreux défenseurs. Ils se voient parfois même reconnaître une véritable personnalité juridique, à l’instar du Whanganui, en Nouvelle-Zélande, premier à bénéficier d’un tel statut grâce à la tribu maorie en 2017.

«Nous, les fleuves», musée des Confluences,
86, quai Perrache, Lyon (69), tél. 
: 04 28 38 12 12.
Jusqu’au 27 août 2023.
www.museedesconfluences.fr
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