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Le dessin à Drouot : une semaine enlevée ! Sous le regard d’un singe, les œuvres anciennes prenaient le large

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 29 mars 2019 - 14:00 (CET) - Salle 6 - Hôtel Drouot - 75009

Les œuvres choisies résonnaient avec l’actualité muséale en cours ou à venir. Celle d’Henri II tout d’abord, en majesté depuis le 31 mars à Saint-Germain-en-Laye, afin de dignement célébrer le 500e anniversaire de sa naissance dans cette demeure royale (voir Gazette no 11 du 22 mars, page 82). Le Louvre ne laissait pas...

Antoine-Jean Gros, dit Baron Gros (1771-1835), Chasse aux lions, plume et encre brune... Le dessin à Drouot : une semaine enlevée ! Sous le regard d’un singe, les œuvres anciennes prenaient le large
Antoine-Jean Gros, dit Baron Gros (1771-1835), Chasse aux lions, plume et encre brune sur trait de crayon noir, lavis brun, 21 28 cm (détail).
Adjugé : 230 400 
Vendredi 29 mars, salle 6 - Drouot-Richelieu. Ader OVV. Cabinet de Bayser.

Les œuvres choisies résonnaient avec l’actualité muséale en cours ou à venir. Celle d’Henri II tout d’abord, en majesté depuis le 31 mars à Saint-Germain-en-Laye, afin de dignement célébrer le 500e anniversaire de sa naissance dans cette demeure royale (voir Gazette no 11 du 22 mars, page 82). Le Louvre ne laissait pas lui échapper ce petit bijou qu’est l’effigie précieuse du futur roi de France (reproduite page 112), délicatement miniaturée à la gouache avec des rehauts d’or et d’argent par François Clouet (vers 1515-1572) : il le préemptait à 17 824 €, jeudi 28 mars chez Mirabaud - Mercier. Ce n’est pas sans émotion que de le voir ainsi représenté la tête ceinte d’un heaume, rehaussé de son panache blanc et noir les couleurs de Diane de Poitiers , lorsque l’on sait qu’il allait perdre inopinément la vie le 10 juillet 1559 lors d’un tournoi, un délassement princier dont il était particulièrement friand.
 

Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Portrait d’Adélaïde Landry, pastel, 40 x 30 cm (détail). Adjugé : 39 556 € Mercredi 27 mars, salle 10-16 - Drouot
Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Portrait d’Adélaïde Landry, pastel, 40 30 cm (détail).
Adjugé : 39 556 
Mercredi 27 mars, salle 10-16 - Drouot-Richelieu. Maigret (Thierry de) OVV. M. Millet.
François Clouet (vers 1515-1572), Portrait d’Henri, dauphin de France, futur Henri II (1519-1559), gouache et rehauts d’or et d’argent sur vélin marou
François Clouet (vers 1515-1572), Portrait d’Henri, dauphin de France, futur Henri II (1519-1559), gouache et rehauts d’or et d’argent sur vélin marouflé sur papier, diam. 3,5 cm.
Adjugé : 17 824 
Jeudi 28 mars, salle 14 - Drouot-Richelieu. Mirabaud - Mercier OVV. Cabinet de Bayser.



Chasse gardée
Venait ensuite, vibrante et spectaculaire, la Chasse aux lions (voir détail page de gauche) à la plume et encre brune d’Antoine-Jean Gros (1771-1835). La publication de l’inventaire général des dessins du baron Gros au Louvre est prévue pour juin prochain. Afin de l’accompagner, le musée organise une exposition le mettant à l’honneur, lui qui est considéré à juste titre comme l’un des plus célèbres élèves de David et un précurseur du romantisme («Antoine-Jean Gros et les élèves de David», du 27 juin au 30 septembre). La commissaire, Laura Angelucci, documentaliste scientifique au département des arts graphiques, écrit que «davantage encore que ses peintures, ses dessins témoignent assez rapidement d’un éloignement progressif de l’enseignement classique de son maître, jusqu’à la rupture définitive avec l’esthétique néoclassique et l’affirmation d’un nouveau style annonçant une nouvelle tendance artistique». D’élan romantique, cette feuille n’en manquait pas. Fougue, mouvement et énergie, empruntés aux chasses aux fauves de Rubens admirées par le jeune Gros, se combinaient pour aboutir à un résultat de 230 400 €, fixant une deuxième place parmi les plus hautes adjudications obtenues pour un dessin de l’artiste (source : Artnet). La vente de la maison Ader du vendredi 29 mars se poursuivait dans ce bel élan : l’aquarelle d’Aloys Zötl (1803-1887) ayant fait la couverture de la Gazette n° 10 du 15 mars (reproduite ci-dessous) explorait l’univers animalier singulier de son auteur à 96 000 €, une Élégante de Giovanni Boldini (1842-1931) prenait la pose à 33 280 € et, pour illustrer le XXe siècle, un Silex à l’aquarelle de Fernand Léger (1881-1955) réalisé en 1932 fendait 28 160 €.

 

Aloys Zötl (1803-1887), Der Grösse Pavian. Simia sphinx, 1836, aquarelle et encre, 39 x 48 cm. Adjugé : 96 000 € Vendredi 29 mars, salle 6 - Drouot-Ri
Aloys Zötl (1803-1887), Der Grösse Pavian. Simia sphinx, 1836, aquarelle et encre, 39 48 cm.
Adjugé : 96 000 
Vendredi 29 mars, salle 6 - Drouot-Richelieu. Ader OVV. Cabinet de Bayser.



Le XVIIIe privé de Boissieu
La séquence s’annonçait très belle pour le XVIIIe siècle, bien qu’ayant été amputée d’une redécouverte. En effet, l’ensemble d’une cinquantaine d’œuvres conservées dans la famille de Jean-Jacques de Boissieu (1736-1810), qui devait être présenté par la maison Aguttes le jeudi 28 mars, a été retiré avant sa mise en vente, par suite d’un référé. La seconde partie de la soirée était consacrée aux dessins français et italiens des XVIe et XVIIe siècles. Était-ce l’effet de la déception suscitée par l’annulation de la première ? Toujours est-il que la plume et encre noire exécutée par Charles Le Brun (1619-1690) et un collaborateur (en couverture de la Gazette no 11 du 22 mars), une étude pour un élément de décor de la galerie d’Apollon au Louvre, ne trouvait pas preneur. Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804) prenait heureusement les choses en main et ses Centaures et faunes enlevant une nymphe (19 27 cm), une plume, encre brune et lavis brun, prenaient la route pour 28 600 €. Quant à Hubert Robert (1733-1808), il guidait à nouveau vers le XVIIIe siècle avec une sanguine représentant des Bergers dans les ruines des thermes de Caracalla (42 33 cm), portée à 19 500 €. La finesse d’exécution d’un pastel d’Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) venait concrétiser ce retour gagnant dans le siècle des Lumières. Accroché dans la salle tenue par Thierry de Maigret, ce Portrait d’Adélaïde Landry (détail reproduit page de droite) retenait l’attention à 39 556 €. La peintre a voulu avec cette réalisation rendre hommage à son amie fidèle, sa femme de chambre et dame de compagnie, qui l’a suivie sur les routes de l’Europe pendant toutes ses pérégrinations. Épouse ensuite de Louis Constant, receveur des rentes de l’artiste, celle-ci demeurera très proche de Madame Vigée Le Brun, qui lui léguera une importante rente par testament. Et, puisque l’on ne peut parler de XVIIIe sans penser aussitôt à François Boucher (1703-1770), impossible de ne pas évoquer ses deux dessins : une Étude de deux putti (16 26 cm) à la sanguine, retenue à 5 104 € lors de ce même après-midi un travail préparatoire à L’Architecture, l’un des dessus de porte exécutés en 1756 pour le décor de la salle des Chevaliers au château d’Amalienborg, au Danemark ; ensuite un Paysage au bord d’une rivière au crayon noir, provenant de l’ancienne collection Lempereur, une vue champêtre proposée à 19 500 € chez Millon le jeudi 28 mars. Clôture en beauté avec ce dessin fait en Italie de Philippe-Auguste Hennequin qui, à 125 450 €, recevait un record mondial (source : Artnet, reproduit ci-dessous) chez Binoche et Giquello le 29 mars.

 

ci-dessous PhilippeAuguste Hennequin (1762-1833), Vue animée d’Italie, plume et encre brune, lavis gris et lavis brun, 27,8 x 86,8 cm. Adjugé : 125 45PhilippeAuguste Hennequin (1762-1833), Vue animée d’Italie, plume et encre brune, lavis gris et lavis brun, 27,8 86,8 cm. 
Adjugé : 125 450 
Vendredi 29 mars, salle 1-7 - Drouot-Richelieu. Binoche et Giquello OVV. Cabinet de Bayser.


 

vendredi 29 mars 2019 - 14:00 (CET) - Live
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