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La mise à nu de la société

Publié le , par Harry Kampianne

Icône de l’arte povera, Michelangelo Pistoletto a répondu à l’invitation du collectionneur Philippe Austruy, directeur de la Commanderie de Peyrassol. La série « Messanudo » (mise à nu), réalisée entre l’été 2019 et l’hiver 2020, s’avère être pour le commissaire et galeriste Lorenzo Fiaschi, cofondateur de la Galleria Continua,...

Michelangelo Pistoletto (né en 1933), Venere degli stracci (La Vénus aux chiffons),... La mise à nu de la société
Michelangelo Pistoletto (né en 1933), Venere degli stracci (La Vénus aux chiffons), 1967, marbre et chiffons, 190 250 50 cm.
Courtesy Michelangelo Pistoletto et Galleria Continua. © Harry Kampianne

Icône de l’arte povera, Michelangelo Pistoletto a répondu à l’invitation du collectionneur Philippe Austruy, directeur de la Commanderie de Peyrassol. La série « Messanudo » (mise à nu), réalisée entre l’été 2019 et l’hiver 2020, s’avère être pour le commissaire et galeriste Lorenzo Fiaschi, cofondateur de la Galleria Continua, « une mise à nu au sens propre du terme d’une humanité sans artifice et frontière ». L’artiste, bientôt nonagénaire, poursuit donc son travail sur le miroir, le reflet et les excès de notre monde où l’individu est roi au détriment du collectif. L’exposition se présente comme un ballet de corps en costumes d’Adam et Ève, de différents âges et couleurs de peau, tous sérigraphiés à taille réelle sur de grands miroirs. Le fait que cette série ait été conçue pendant la pandémie est en réalité un prétexte pour dénoncer une absence de communication et un refus patent de coexistence. Pour l’artiste, « l’avoir réalisée durant cette période était emblématique. La distance physique obligée pour éviter la contamination rendait d’autant plus fort le besoin de contact, d’échange et de réconfort mutuel entre les gens. Les vêtements ne sont que des uniformes nous différenciant et nous divisant. De là, la nécessité de ce “Messanudo” nous rassemblant ». Seule pièce historique de l’exposition, Venere degli stracci (La Vénus aux chiffons) date de 1967. Une œuvre à double face : d’un côté, un monceau de fripes, jetées, consommées, et de l’autre, l’existence perpétuelle de la beauté. Une dualité qui parle d’elle-même, depuis les temps les plus reculés de l’histoire jusqu’à ceux à venir. L’arte povera en a même fait son cheval de bataille : dénoncer le triomphe du superflu.

Commanderie de Peyrassol,
Flassans-sur-Issole (83) , tél. 
: 04 94 69 71 02,
Jusqu’au 1er novembre 2022.
www.peyrassol.com 
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