L’école des arts joailliers : Lacloche joailliers, 1892-1967

Le 07 novembre 2019, par Marie-Laure Castelnau
Bracelet en or, émail, rubis gravés, fabriqué en 1938 par l’atelier Verger pour Jacques Lacloche. Collection particulière.
Photo Benjamin Chelly

L’exposition rend hommage à la maison de joaillerie, célèbre en Europe de la Belle Époque aux années 1960, et retrace l’histoire du bijou, du naturalisme de l’art nouveau à l’égyptomanie et l’engouement pour l’Extrême-Orient des Années folles, du modernisme de l’art déco à la fantaisie des années 1950. Le tout en cent mètres carrés ! Au début du siècle, Lacloche frères, puis Jacques Lacloche, étaient installés rue de la Paix et dans plusieurs autres capitales. Disparue depuis et oubliée du grand public, la maison a pourtant travaillé avec les meilleurs ateliers parisiens et paré des têtes couronnées, des personnalités de l’aristocratie ainsi que des stars d’Hollywood. La commissaire Laurence Mouillefarine a mené pendant deux ans une vraie chasse aux trésors, et le tableau de chasse est remarquable : 74 bijoux et 27 prêteurs, 80 % des pièces présentées provenant de collections privées. Le parcours chronologique et thématique fait défiler sous nos yeux émerveillés pendules et pendulettes, bijoux et nécessaires de beauté, qui brillent de mille pierres. Un bracelet en platinium et diamants inspiré d’un œuf de Fabergé accueille le visiteur : un travail de broderie de joaillerie admirable, qui révèle d’emblée l’élégance et la délicatesse de la maison. L’histoire se déroule avec des pièces toujours plus belles, comme cette montre-pendentif de dame en cristal de roche, platine et brillants, miniature sur ivoire, ou ce bracelet articulé en pierres précieuses et or blanc, d’une poésie et d’une technicité inouïe, sur lequel on devine un paysage japonais avec une pagode, une jonque et un coucher de soleil. Sans parler des pendulettes art déco présentées à l’Exposition universelle de 1925, qui rivalisent de formes et de couleurs. L’exposition s’achève sur une note fantaisiste, avec cette broche en forme d’épouvantail au mécanisme inattendu : appuyez sur son chapeau, et le petit oiseau sortira…

L’école des arts joailliers,
31, rue Danielle-Canova, Paris Ier, tél. : 01 70 70 36 00.
Jusqu’au 20 décembre 2019.
www.lecolevancleefarpels.com
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 4 articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne