L’art aborigène. Collection Pierre Montagne

Le 31 août 2021, par Stéphanie Pioda
Willy Muntjantji Martin (1951-2018), Wanampi Tjukurpa (Water Snake Dreaming), détail, acrylique sur lin, 198 x 198 cm. 
Photo Gilles Hutchinson

Des points, des lignes ondulantes ou droites, des cercles et encore des points, alignés avec une régularité et une précision qui pourraient friser l’obsession. Ces formes décrivent des paysages, des cartes géographiques, des rivières, des hommes assis, la pluie, un serpent, des étoiles… Autant de symboles décryptés dans l’introduction de l’exposition pour donner les clés au visiteur, et ainsi lui permettre d’entrer un peu plus dans les soixante-dix tableaux sélectionnés de la collection de Pierre Montagne. C’est que l’art aborigène est codifié et qu’il faut appartenir aux communautés pour en connaître tous les secrets et les récits sacrés qui y sont narrés, remontant le «temps du rêve» : celui des origines, des mythes fondateurs et des ancêtres, qui, dans la conception des Aborigènes, est toujours présent. L’exposition nous fait traverser les quatre grandes régions habitées par ces populations, du désert central à la Terre d’Arnhem dans le nord avec, sur les soixante-trois artistes, des noms de référence comme ceux de Kathleen Petyarre, Emily Kame Kngwarreye, Michelle Possum Nungurrayi. Si ceux-là travaillaient auparavant sur des morceaux d’écorce, des corps, les parois rupestres ou à même le sol, les choses ont changé à partir des années 1970 : ils ont commencé à utiliser des toiles et des peintures acryliques pour transmettre leurs récits, revendiquer leurs territoires et assurer des sources de revenus pour les communautés. S’il manque les chants et les danses immanquablement associés à ces œuvres, le parcours est un voyage dans un flot de couleurs et de vibrations de lumière, entre abstraction et rares figurations – les représentations d’animaux de style «rayons X. Une expression ayant acquis ses lettres de noblesse et que les institutions exposent depuis peu d’années en France. 

Musée Paul-Valéry,
148, rue François- Desnoyer, Sète (34), tél. : 04 99 04 76 16.
Jusqu’au 26 septembre 2021.

www.museepaulvalery-sete.fr
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