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L’œil et la passion

Publié le , par Claire Papon et Anne Foster
Vente le 08 octobre 2019 - 14:00 (CEST) - Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009

C’est le contenu de la succession d’Olivier Aaron, disparu le 25 novembre 2018, qui est proposé sous le marteau.

Attribué à François-Joseph Kinson (1771-1839), Portrait de Louis-Antoine d’Artois,duc... L’œil et la passion
Attribué à François-Joseph Kinson (1771-1839), Portrait de Louis-Antoine d’Artois,
duc d’Angoulême, en costume de grand-amiral
, huile sur toile, 77 90 cm.
Estimation : 6 000/8 000 

«Son regard était universel : il connaissait l’architecture aussi bien que la peinture ou la mode», rappelle son frère, Hervé Aaron, en préface du catalogue. À 17 ans, Olivier Aaron (1948-2018) crée avec deux amis un club d’amateurs de dessin, préfiguration de l’exposition de tableaux d’Hubert Robert qu’il organisera dans la galerie paternelle, rue du Faubourg-Saint-Honoré, et de l’ouvrage, publié en 1985, où il se met en scène expliquant à son filleul sa collection de dessins du XVIIIe siècle. Au menu, une plume et encre brune, lavis brun et gris de l’artiste suisse Johan Heinrich Lips (1758-1817), Ulysse visitant les enfers (5 000/6 000 €), un ensemble de gouaches napolitaines (est. 200/600 €), des portraits, certains de groupe, des écoles européennes du XVIIIe et du siècle suivant. Longtemps donnée à Robert Lefèvre (1755-1830), peintre prolifique qui acquiert ses lettres de noblesse dans l’art du portrait, cette représentation du duc d’Angoulême est aujourd’hui attribuée à François-Joseph Kinson. Né à Bruges, réputé à Gand et à Bruxelles, il s’établit à Paris après 1794 et devient un artiste recherché, notamment de Napoléon et de son frère Jérôme Bonaparte, qu’il suivra jusqu’à sa cour de Cassel. De retour en France, il peint des nobles russes et Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême. Notre tableau reprend, avec quelques variantes et un cadrage plus serré, le portrait en pied du futur roi Charles X, conservé au musée des beaux-arts de Bordeaux. La pose est la même, mais l’habit change légèrement, tout comme les bateaux à l’arrière-plan. Les vitrines de porcelaines de Sèvres et de Paris du XIXe siècle précèdent celles d’ordres de chevalerie des royaumes du Danemark, d’Espagne, du Brésil, de Naples. La couverture du catalogue revient à une chute d’une bordure ou d’un lé de tenture, à décor blanc sur fond bleu au chiffre de Charles X dans une couronne de feuilles de laurier enrubanné : un travail attribué à la maison lyonnaise Chuard & Cie, qui pourrait provenir du palais des Tuileries ou de Saint-Cloud (700/1 000 €).

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