Gazette Drouot logo print

Olivier Aaron, curieux des arts

Publié le , par Anne Doridou-Heim
Vente le 08 octobre 2019 - 14:00 (CEST) - Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009

Collectionneur généreux, amateur éclairé, historien discret, il était tout cela à la fois. Sa succession a reçu l’accueil qu’elle méritait à Drouot.

Sèvres, XIXe siècle. Deux sucriers Melisen couverts et leurs présentoirs ovales du... Olivier Aaron, curieux des arts
Sèvres, XIXe siècle. Deux sucriers Melisen couverts et leurs présentoirs ovales du service «fond bleu, mosaïque en or et platine, bouquets de fleurs» à décor polychrome, anses et prise à fonds or, marque de Charles X, de Micaud Pierre Louis, peintre-doreur, et la date «29 avril 1824», l. des sucriers 25,4 cm, l. des plateaux 23,9 cm.
Adjugé : 9 017 

La vente de succession d’Olivier Aaron, dont la silhouette était bien connue des amateurs de Drouot, n’a pas laissé indifférents les collectionneurs. Il faut dire que l’œil avisé de ce fils et frère de grands antiquaires savait balayer toute l’histoire de l’art et, même s’il avait une prédilection pour le dessin ancien, il ne s’interdisait aucune curiosité. Tenue sur deux jours, mobilisant plus de cinq cents numéros, elle totalisait 554 065 €. Ne pouvant ici en faire un tour exhaustif, on s’attardera sur quelques temps forts, emmenés par le Lad promenant un étalon noir (24 46 cm) aquarellé en 1818 par l’Allemand Johann Adam Klein (8 890 €). Au chapitre des tableaux anciens, le Portrait de Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, en costume de grand amiral attribué à François-Joseph Kinson (1771-1839) ne manquait pas d’allure (voir l'article L’œil et la passion de la Gazette no 33 du 4 octobre, page 65) et recueillait un hommage de 21 590 €, devançant les 12 700 € reçus par celui du comte de Metternich, peint vers 1820 par un élève de l’atelier du baron Gérard (toile, 66 56 cm). Ce sont deux œuvres qui nous parlent d’histoire et évoquent les heures de l’Empire et du retour des Bourbons sur le trône de France (1815-1830) : une période qui, parmi d’autres, résonnait auprès du collectionneur. Les porcelaines de Sèvres de ce même premier tiers du XIXe siècle étaient encore un terrain de choix. Parmi l’ensemble recueilli au fil de ses trouvailles, une jatte (h. 14,5 cm) à pied au fond bleu agate orné d’une frise de marguerites coloriées bleues et roses et rehaussé de pois d’or, imprimée en rouge «Manufacture impériale» vers 1913-1815, retenait 3 937 €, et deux sucriers modèle «Melisen» (reproduits ci-dessus) acceptaient 9 017 €. Ils appartiennent au service dit «fond bleu, mosaïque en or et platine, bouquets de fleurs» livré par Sèvres le 11 novembre 1825 et offert par Charles X au Britannique sir Thomas Lawrence (1769-1830) en 1826. Ce dernier, peintre de portraits reconnu, avait été invité aux Tuileries en 1825 pour réaliser celui du roi de France. Un meuble vient clore ce rapide tour d’horizon : une commode (84 99 57 cm) galbée en laque de Chine et laque européenne estampillée Mathieu Criaerd (reçu maître en 1738), saluée de 33 020 €. Elle fut conçue au milieu du XVIIIe siècle, lorsque l’exotisme régnait dans le goût européen. Une collection variée certes, mais avec une forte appétence pour les objets documentés et historiés.

Gazette Drouot
Bienvenue, La Gazette Drouot vous offre 2 articles.
Il vous reste 1 article(s) à lire.
Je m'abonne