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Joseph Antoine Bernard, au pays de la sculpture

Publié le , par Christophe Provot

Sous le signe du 2e art, cette vacation enregistrait de beaux résultats, plébiscitant notamment Joseph Antoine Bernard et son iconique porteuse d’eau.

Joseph Antoine Bernard (1866-1931), Jeune fille à la cruche (état petite nature)... Joseph Antoine Bernard, au pays de la sculpture
Joseph Antoine Bernard (1866-1931), Jeune fille à la cruche (état petite nature) dite aussi Porteuse d’eau, 1910, épreuve en bronze n° 8, fonte à la cire perdue Claude Valsuani, 67,5 21 32 cm.
Adjugé : 77 440 

Point d’orgue de la sélection, le chef-d’œuvre de Rodin L’Âge d’airain, petit modèle dit aussi deuxième réduction, bronze à patine brun-noir nuancé dont le corps musculeux posait fièrement en page 45 de la Gazette n° 21 (voir l'article Le règne de la sculpture, Rodin en tête), ne trouvait pas preneur. Les enchérisseurs furent en revanche très séduits par la Jeune fille à la cruche, état petite nature due à Joseph Antoine Bernard. Datée de 1910, cette épreuve en bronze à la cire perdue, numérotée 8 et au cachet du fondeur Valsuani, était convoitée jusqu’à 77 440 €. Emblématique de son auteur, l’œuvre fut exposée pour la première fois au Salon d’automne de 1912, où elle rencontra un si vif succès qu’elle le conduisit à la présenter l’année suivante à l’International Exhibition of Modern Art de New York. Celle qui nous intéresse, fondue par Valsuani entre 1919 et 1925, est une réduction de la première épreuve en bronze de 184 cm de hauteur, éditée par Hébrard à partir du plâtre exposé en 1912 et 1913. Dans un autre genre, François Pompon (1855-1933) s’illustrait avec son Canard sur l’eau (14 16 9,5 cm), épreuve en bronze à la fonte au sable réalisée en 1911-1912, qui partait sans couac à 38 400 €. Seul tirage connu à ce jour réalisé du vivant de l’artiste, et inédit sur le marché, il se rapproche de la troisième version d’un sujet – dont un plâtre est conservé au musée d’Orsay – sur lequel Pompon a travaillé à plusieurs reprises entre 1911 et 1922. Sa base en arc de cercle, très identifiable, doit sa forme à un projet de vase en pierre, exécuté en 1921 pour une exposition organisée l’année suivante à la galerie Barbazanges (109, rue du Faubourg-Saint-Honoré), par la revue La Douce France. Pour conclure, citons L’Offrande (65 76,5 33 cm) de 1936-1937 de Robert Wlérick (1882-1944), épreuve en bronze à la cire perdue numérotée 5/10 de Coubertin, qui acceptait 19 840 €. Initialement créé en 1927 en demi-grandeur, le modèle est repris par le sculpteur quelques années plus tard et connaît une première édition dans un tirage confidentiel de dix exemplaires. En 1936, il agrandit son œuvre à la demande de Raymond Escholier, conservateur du musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, en vue de l’Exposition internationale de 1937. L’épreuve, mesurant 120 cm, est aujourd’hui conservée au Petit Palais.

vendredi 03 juin 2022 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 4 - Hôtel Drouot - 75009
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