Jingart, à Pékin, une première prometteuse

Le 31 mai 2018, par Caroline Boudehen

À la croisée des styles et des époques, la foire d’art moderne et contemporain et de design a réuni une trentaine de participants internationaux dans la capitale chinoise.

Mat Collishaw (né en 1966), Duty Free Spirits, 1997.
COURTESY Mat Collishaw et BLAINSOUTHERN

C’est au cœur du quartier historique, derrière la Cité interdite et la place Tiananmen, que la foire d’art et de design Jingart s’est tenue pour la première fois. Abritée dans le Quanyechang édifice emblématique de Pékin, dont il fut le premier grand magasin vers 1900 , elle fait son entrée sur la scène artistique internationale. Des débuts qui rappellent ceux d’Art 021, la foire shanghaïenne d’art exclusivement contemporain, qui avait, elle aussi, commencé en petit comité dans un quartier chargé d’histoire, le Rockbund. Cependant, Jingart décline une identité originale. Si l’équipe de direction est la même Bao Yifeng, issu du monde de la publicité, Kelly Ying et David Chau, couple de collectionneurs fortunés , la foire sait s’adapter à la ville où elle se déroule. Pour Bao Yifeng, c’est «l’objectif et la clé de sa réussite». Ainsi, à Pékin, et peut-être dans un souci d’appréhender au mieux le public et les professionnels de l’art , dont les goûts et centres d’intérêt sont assez méconnus, la manifestation se veut éclectique, et située au carrefour de différentes époques de l’histoire de l’art et des formes… Forte d’une sélection issue des participants réguliers à Art 021, et exclusivement sur invitation, Jingart tente de représenter le meilleur de cette diversité. Les grands noms de l’art international (Perrotin, Hauser & Wirth ou David Zwirner) côtoient galeries établies (Dumonteil, Matthew Liu Fine Arts, HDM Gallery, Blain-Southern, Tina Keng Gallery), institutions chinoises (Fine Arts Litterature Art Center, Pékin Fine Arts, Hive Center for Contemporary Art), mais aussi des galeries dédiées au design, à la joaillerie, à la littérature ou à la porcelaine.
Taille humaine

Rassemblées dans un lieu intimiste, les galeries ont chacune bénéficié d’un emplacement de choix, dans l’un des deux atriums du rez-de-chaussée ou nichées dans l’une des alcôves des deux coursives. Un salon «à taille humaine qui permet aux collectionneurs d’aller et venir à leur guise, et de prendre leur temps», précise le marchand Pierre Dumonteil, un fidèle d’Art 021 à Shanghai. Si certains n’ont presque rien vendu les jours de preview – période pourtant marquée par la forte présence de collectionneurs pékinois –, d’autres ont cédé la globalité de leur stand, comme la galerie Tina Keng de Taiwan. La plupart assurent aussi avoir collecté promesses de vente et nouveaux contacts engageants. L’ensemble des galeristes a joué la carte de la prudence : Giacometti (galerie Dumonteil), Louise Bourgeois (Hauser & Wirth), Claude Viallat (HDM Gallery), ou encore Gillian Ayres (PIFO Gallery), Kazuo Shiraga (Whitestone), Zhan Wang (Long March Space), Wu Dayu (Shixiang Space). Une carte gagnante, même si quelques excentricités ont tout de même pimenté une ambiance studieuse. La sculpture en aluminium Six Tables, de l’artiste contemporain Wang Huaiqing, a ainsi été vendue 5 600 000 RMB, soit environ 750 000 €. S’il existe bien quelques foires d’art moderne ou contemporain à Pékin, elles n’ont pas bonne presse et leur qualité laisse à désirer. Jingart pourra-t-elle redorer le blason artistique de la capitale ? Réponse en 2019.

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