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La Gazette Drouot Art et patrimoine - Expositions

Giovanni Boldini. Le regard dans l’âme à Bologne

Le 14 décembre 2021, par Zaha Redman

Si son portrait le plus connu est celui de Giuseppe Verdi, Giovanni Boldini a surtout peint des femmes très mondaines. Il a passé l’essentiel de sa…

Giovanni Boldini. Le regard dans l’âme à Bologne
Giovanni Boldini (1842-1931), Mademoiselle de Demidoff, 1908, huile sur toile, 232 122 cm (détail), collection privée. DR

Si son portrait le plus connu est celui de Giuseppe Verdi, Giovanni Boldini a surtout peint des femmes très mondaines. Il a passé l’essentiel de sa vie à Paris, mais c’est en Italie, son pays d’origine, qu’il jouit d’une grande notoriété. Artiste talentueux dès l’adolescence et sans être «le plus grand dessinateur après Botticelli» – dixit Vittorio Sgarbi, jamais avare de superlatifs –, il fréquente les macchiaioli et Degas et sa maestria, mélange de facilité et de versatilité savante, n’est jamais contestée. Installé dans le quartier de Pigalle au début des années 1870, il est exposé par la galerie Goupil, comme Mariano Fortuny, avec lequel il partage des goûts aristocratiques. Boldini a traversé la charnière des XIXe et XXe siècles en se tenant à l’écart de tous les mouvements et bouleversements culturels de son temps. Couru par le Tout-Paris, il a portraituré entre autres la comtesse Greffulhe, Cléo de Mérode, Mademoiselle de Demidoff, l’actrice Alice Regnault, la comtesse Van Bylandt et la comtesse de Rasty, qui fut par ailleurs sa maîtresse et protectrice. Coloriste expérimenté, il s’affiche toujours avec un coup de pinceau calligraphique, comme Dalí, Buffet ou Mathieu, dont la virevolte évoque un corps en action inspiré de la photo et du cinéma. On peut dire que ses portraits féminins sont des montages de visages et de robes somptueuses, et s’il y a une modernité dans ses tableaux, elle réside dans une sorte d’anticipation du transformisme renversant des Annie Lennox, Madonna ou Lady Gaga. Précisément, le rapport de Boldini aux femmes aurait peut-être mérité un traitement particulier. Pour autant, l’exposition, déroulée en sept chapitres chronologiques, met à nu la démarche obsessionnelle d’un homme qui perçoit le mouvement, mais privilégie la séduction et le caprice narcissique. L’envers d’un Toulouse-Lautrec.

Palazzo Albergati, 28, via Saragozza, Bologne, tél. : +39 051 030 141.
Jusqu’au 13 mars 2022.
www.palazzoalbergati.com

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