Geneviève Asse chez Antoine Laurentin

Le 04 juin 2019, par Céline Piettre
Geneviève Asse (née en 1923), Horizon, 2007, huile sur toile, 20 20 cm.

Le bleu Asse n’a rien perdu de son magnétisme. Les collectionneurs français, mais également suisses et allemands, fidèles à l’œuvre de cette grande dame de l’abstraction étaient présents dès le vernissage. L’un d’eux s’offrait une huile sur toile de 1954, La Boîte rouge, comme «on n’en trouve plus aujour-d’hui dans le fonds d’atelier», précise Antoine Laurentin, l’ayant lui-même achetée à un particulier. Cette troisième exposition organisée par la galerie depuis 2016 réunit justement quelques rares spécimens des années 1950. À l’époque, Asse n’avait pas encore tout à fait abandonné la figure, laquelle résistait par l’intermédiaire de compositions géométriques intitulées «Natures mortes» en souvenir de celles de Chardin, admirées au Louvre. La palette, opaline, ira progressivement vers l’azur, mais le gris reviendra hanter la peinture jusqu’en 1970, ainsi que l’accrochage non chronologique nous le dévoile. Huiles sur toile et sur papier s’assortissent ici par affinités, offrant un échantillon de l’œuvre, jusqu’aux dernières «impressions» des années 2000 et l’œil averti saura repérer les pièces importantes des plus anecdotiques. L’exposition ménage notamment une place aux petits formats, «qui permettent, entre autres, de proposer des pièces abordables». Soit 5 000 € pour les plus modestes en fonction de leur date, la période dite «blanche» la plus recherchée par les musées étant absente de ce volet. Aujourd’hui âgée de 96 ans, Geneviève Asse ne peint plus. C’est un corpus qui va donc «naturellement s’épuiser», s’est résigné Antoine Laurentin. D’autant que l’artiste a déjà effectué d’importantes donations aux musées, comme au Centre Pompidou. Le galeriste avait d’ailleurs dû batailler ferme pour qu’elle accepte de lui confier son travail, lui, si «jeune», par rapport à ses marchands historiques Claude Bernard et feu Jan Krugier. Il avait même réussi à la persuader de réactualiser ses encadrements longtemps, elle les a fabriqués elle-même. Certains originaux survivent ici, ajoutant à l’émotion de l’ensemble.

Galerie Antoine Laurentin,
23, quai Voltaire, Paris 
VIIe, tél. : 01 42 97 43 42.
Jusqu’au 6 juillet 2019.
www.galerie-laurentin.com
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