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Foujita dans un fauteuil tapissé

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Cette toile ne faisait pas tapisserie : la charmante fillette sortait de sa réserve et emportait un résultat fleuri.

Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), Fillette assise sur un fauteuil garni de tapisserie... Foujita dans un fauteuil tapissé
Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968), Fillette assise sur un fauteuil garni de tapisserie verdure, huile sur toile, 33 24 cm.
Adjugé : 332 800 

© Fondation Foujita / ADAGP, PARIS, 2022

En 1957, Léonard Tsuguharu Foujita initie une nouvelle série de tableaux. Si les jeunes filles, son sujet récurrent, en sont bien le cœur palpitant, il introduit le motif de la tapisserie comme élément décoratif (voir l'article Foujita et l’univers de l’enfance de la Gazette n° 14, page 46). Cette Fillette assise sur un fauteuil garni de tapisserie verdure en est une belle illustration. Décrochée à 332 800 €, la toile, précisément datée «11-6-57», provenant d’une collection particulière, est accompagnée d’un certificat de Sylvie Buisson, la spécialiste de l’artiste. Foujita est l’un de ces peintres aux origines diverses qui ont fait la force de l’école de Paris, apportant avec eux les traditions de leurs pays natal et s’imprégnant de celles de celui d’accueil. Avec sa coupe au bol et ses lunettes rondes, mais surtout son originalité teintée d’exotisme, il est certainement l’un des personnages les plus attachants de ce vaste groupe, écrivant dans Nager sur la Terre en 1942 : «J’ai été élevé au Japon, mais ma peinture a grandi en France.» Les années 1950 sont pour lui celles du retour définitif dans l’Hexagone, du mariage avec Kimiyo et de la conversion au catholicisme, celles aussi où le succès ne le quitte plus et où l’aisance financière revient. Il expose à la galerie Pétridès – qui lui consacre un accrochage tous les deux ans jusqu’en 1964 – et offre quatre œuvres importantes, dont Notre-Dame, quai aux Fleurs, au musée d’Art moderne de Paris. Un joli résultat de 74 240 € venait également se déposer auprès d’un petit meuble à écrire en acajou et placage d’acajou (69 64 40,5 cm), d’époque Louis XV. De fait, avec son plateau coulissant dégageant deux petites tablettes à abattant, l’une d’elles découvrant des compartiments, cette création raffinée, mais non estampillée, est à rapprocher de celles d’Oeben. Dans un tout autre esprit, le groupe de Lionceaux jouant, une fonte à la cire perdue de Susse Frères éditeurs à patine argentée, retenait 34 560 € (12 27,5 10,5 cm). Il s’agit d’un modèle caractéristique des productions de l’artiste animalier Roger Godchaux (1878-1958).

mardi 12 avril 2022 - 14:15 (CEST) - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 75009
Jean-Marc Delvaux
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