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Céret et l’école de Paris

Publié le , par Sarah Hugounenq

Soutine, Picasso, Dalí ou Krémègne ont fait Céret. «Les modernités sont le noyau identitaire de notre institution. Il nous fallait donc une grande exposition d’art moderne pour le premier été après la rénovation», confie Nathalie Gallissot, directrice des lieux (voir l'article Céret, capitale de l’art moderne de la Gazette...

Sonia Delaunay (1885-1979), Philomène, 1907, huile sur toile, 92 x 54,5 cm, dépôt... Céret et l’école de Paris
Sonia Delaunay (1885-1979), Philomène, 1907, huile sur toile, 92 54,5 cm, dépôt au musée Fabre de Montpellier, collection Centre Pompidou, Paris. © Pracusa S.A / Centre Pompidou, MNAM-CCI / Bertrand Prévost /Dist. RMN-Grand Palais

Soutine, Picasso, Dalí ou Krémègne ont fait Céret. «Les modernités sont le noyau identitaire de notre institution. Il nous fallait donc une grande exposition d’art moderne pour le premier été après la rénovation», confie Nathalie Gallissot, directrice des lieux (voir l'article Céret, capitale de l’art moderne de la Gazette n° 20, page 178). Pari relevé : les grands noms de la scène parisienne de l’entre-deux-guerres sont réunis sur les cimaises catalanes grâce à une exposition made in Centre Pompidou. Car si l’affiche annonce une plongée dans l’école de Paris, l’accrochage offre une vision plus éclectique, parfois surprenante. Les sections monographiques consacrées à Modigliani, Soutine, Chagall, évoquant du même coup Zadkine, Kisling ou Foujita, sont ajointes d’un focus inattendu sur le cubisme – où Picasso et Gris trônent en maîtres –, mais aussi d’une salle sur la photographie de la ville derrière l’objectif de Brassaï ou de Kertész, là aussi peu en lien avec le sujet. L’ouverture du parcours sur le grand nu féminin de Kees Van Dongen (Tableau, 1913) – sorte de manifeste dont la provocation n’a pas manqué d’être refusée à Abou Dhabi lors de la précédente étape de l’exposition – ou les abstractions de Sonia Delaunay donnent une autre tonalité à l’ensemble.
Le discours sur l’école de Paris se mue en l’image de l’effervescence d’une époque. Mieux, en filigrane, le choix des artistes bat en brèche une écriture franco-française des modernités et montre combien l’afflux de talents tous azimuts, du Russe Survage au Polonais Marcoussis, en passant par le Tchèque Kupka, a érigé Paris capitale des avant-gardes. Cette histoire de circulation n’est pas sans rappeler celle de Céret, qui, par la venue des tenants de l’art moderne, s’est forgé une identité artistique solide. Mais en l’absence de mention dans le parcours, il faudra visiter les collections permanentes pour connaître les liens ayant uni les protagonistes de l’art moderne parisien à Céret.

Musée d’art moderne,
8, boulevard Maréchal-Joffre, Céret (66), tél. 
: 04 68 87 27 76.
Jusqu’au 13 novembre 2022
www.musee-ceret.com
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