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Foire de Chatou, l’invitation au voyage

Publié le , par Stéphanie Pioda

L’ancienne foire à la ferraille est devenue un incontournable des antiquités et de la brocante depuis qu’elle s’est installée sur l’ile des Impressionnistes en 1970. Cette année, pleins feux sur l’art russe.

Foire de Chatou Foire de Chatou, l’invitation au voyage
Foire de Chatou
© SÉBASTIEN SIRAUDEAU

Pour cette 96e édition, la foire de Chatou joue la carte de l’originalité et met à l’honneur la Russie. «C’est un thème fort, très régulièrement présent dans les brocantes aussi bien à travers des meubles peints, des icônes, des boîtes à cigares en argent niellé, des tasses à vodka en cuivre, des tableaux, de la joaillerie, des luminaires, des livres… ou encore des affiches de propagande communiste, des bons aux porteurs des emprunts russes. Sans oublier les fameuses matriochkas, poupées russes aux multiples visages», affirme le président de la manifestation, Jean Nowicki, également président du Syndicat national du commerce de l’antiquité, de l’occasion et des galeries d’art (SNCAO), organisateur de l’événement. Et les Russes font aussi partie des 33 000 visiteurs (20 % sont étrangers) qui sillonnent les allées de l’une des plus anciennes foires de France. «On retrouve toute la palette de la brocante et de l’antiquité pour celle qui est, selon M. Nowicki, la moins chère de France, à 90 € le mètre carré», mais aussi reconnue et appréciée pour sa convivialité et les stands de gastronomie. La preuve de son succès ? «Depuis deux éditions, nous recommençons à avoir une liste d’attente d’une quinzaine de personnes», s’enorgueillit Jean Nowicki. Contrairement à certains événements comparables, des experts effectuent une visite avant l’ouverture pour contrôler les marchandises, et sont aussi présents tout au long de la foire. Un point auquel le marchand Henri Hayat est très sensible, lui qui se dit «défenseur de la sculpture authentique».
Les arts russes à l’honneur
Cette année, il présentera, en particulier, une œuvre du Russe Anton Michajlovic Lavinskij (1893-1968). Proposée à 6 000 €, «il s’agit probablement de la représentation cubisante d’une femme, sujet de prédilection de son œuvre sculpturale». Les productions du créateur de l’affiche du Cuirassé Potemkine, de Sergueï Eisenstein, sont d’autant plus rares que le sculpteur défendu par la galerie de l’Exil (avenue Matignon) détruisait certaines de ses créations. Celles-ci, en 1925, ne faisaient pas l’unanimité ! Dominique Wafelman, quant à lui, propose une pipe ayant appartenu à l’empereur Alexandre Ier (1777-1825), comme l’atteste un certificat du XIXe siècle. Un travail de recherche autour de cet objet est en cours. Bien d’autres surprises sont à découvrir au fil des quelque cinq cents stands. Autre nouveauté, le syndicat lance cette année le prix Saint-Roch du nom du patron des brocanteurs , dont l’ambition est de récompenser des personnalités du monde de la musique, du théâtre, du cinéma, de la télévision, de la gastronomie et de la culture en général, qui, par leur action ou leur passion, plébiscitent et valorisent les antiquités et la brocante auprès du grand public. Ce qui est bien le cas du lauréat de cette année, Jean-Pierre Pernaut, le présentateur du journal télévisé de TF1. Rendez-vous, donc, sur l’île des Impressionnistes dès le 9 mars, en attendant l’édition d’automne, fin septembre.

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