Chatou, une foire d’antiquité qui mise sur la qualité

Le 16 septembre 2021, par Valentin Grivet

Avec une fréquentation de 35 000 visiteurs, la plus ancienne foire aux antiquités et à la brocante de France reste le rendez-vous incontournable des chineurs. La 101e édition réunit pas moins de 380 marchands, français et étrangers.

Fauteuil moderniste, d’une paire provenant d’un club d'affaires de la région de Longwy, assise en contreplaqué, vers 1920, 98 x 65 x 54 cm, Avant-Garde Gallery.
© Yves Forestier / Foire de Chatou

Organisée deux fois par an, elle rythme le calendrier des antiquaires et brocanteurs professionnels, et réjouit collectionneurs et amateurs de beaux objets… En ce mois de septembre, la Foire de Chatou s’ouvre dans un contexte particulier. La session de mars n’a pu avoir lieu, et les occasions pour les marchands de déballer ont été rares ces derniers mois. «Il y a eu des brocantes d’été, notamment en régions, qui ont bien fonctionné. Mais beaucoup de grandes manifestations ont été annulées. L’Isle-sur-la-Sorgue a fait l’impasse sur son édition du 15 août, et le salon d’Antibes, qui s’ouvre d’habitude en septembre, a été reporté à l’année prochaine», souligne l’antiquaire Bernard Rouflay, commissaire général de la 101e foire de Chatou. Généralistes ou spécialistes, 390 exposants ont réservé leur stand, pour proposer au public, pendant dix jours, la marchandise la plus variée : mobilier XVIIIe ou XIXe, art nouveau, art déco, textiles, céramiques, tableaux anciens et modernes, sculptures, arts de la table, luminaires, jouets, livres, philatélie, numismatique, déco de jardin… La plupart d’entre eux viennent de France (Paris, Bordeaux, Toulouse, Rouen…), mais Chatou compte aussi une présence étrangère significative (Belgique, Suisse, Allemagne, Suède, Grande-Bretagne, Italie…). «Aux fidèles s’ajoutent de nouveaux marchands, qui ont besoin de travailler et ne venaient pas à Chatou jusqu’à présent, car ils faisaient d’autres foires», poursuit Bernard Rouflay. La manifestation, dont les origines remontent au Moyen Âge, est la plus ancienne de France. D’abord connue en tant que «Foire à la ferraille et au jambon», et installée sur l’île des Impressionnistes depuis 1970, elle a été rebaptisée en 2014. Si cette nouvelle édition s’inscrit dans la continuité, ses organisateurs souhaitent la recentrer sur l’essentiel : la qualité. «Notre objectif est d’être le plus authentique possible», explique Rémi Machard, président du Syndicat national du commerce de l’antiquité, de l’occasion et des galeries d’art (SNCAO-GA), organisateur de la foire. «Il fallait assainir. Exit donc certains marchands qui, ces dernières années, proposaient de la marchandise parfois discutable, et pratiquaient des techniques de vente qui ne correspondaient pas à notre esprit.» Fini également les thématiques imposées – «L’Antiquité au jardin», «Les années 1980»… –, qui au final n’étaient suivies par personne, et les invités d’honneur qui, de Raymond Poulidor à Patrick Poivre d’Arvor en passant par Chantal Goya, étaient censées apporter une touche people à la manifestation. Collectionneurs et curieux viennent avant tout pour chiner, et se faire plaisir, dans une ambiance conviviale. «Par son histoire, sa forme, sa durée, cette foire est unique. On peut repartir avec un arrosoir à 5 euros, ou une œuvre d’art à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Elle est d’autant plus importante qu’il n’y a plus de manifestation d’envergure à Paris depuis la disparition de la foire de Bastille. On réfléchit d’ailleurs à en recréer une, c’est une nécessité», confie Rémi Machard. En attendant, le SNCAO-GA va reprendre, dès 2022, le Salon des antiquaires du parc Monceau.

à savoir
Foire de Chatou, île des Impressionnistes (78) tél. : 01 47 70 88 78.
Du 24 septembre au 3 octobre.
www.foiredechatou.com
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