Eugène Lami. Peintre et décorateur de la famille d’Orléans

Le 28 mars 2019, par Jean-Louis Gaillemin

Domaine de Chantilly, 7, rue du Connétable, Chantilly, tél. : 03 44 27 31 80, www.domainedechantilly.com - Jusqu’au 19 mai 2019.

Eugène Lami (1800-1890), Une soirée chez le duc d’Orléans, 1843.
RMN-Grand Palais Domaine de Chantilly. © Michel Urtado

Installée dans les anciens appartements d’invités de Chantilly, l’exposition présente les aquarelles de celui que Baudelaire appelait «le poète du dandysme officiel». Les couleurs vives de cette technique, à laquelle l’initia Bonnington lors de son premier séjour en Angleterre en 1826, lui permirent de croquer avec brio les héros et les décors des fêtes officielles, de la Restauration au second Empire. Réalisée à partir des feuilles de «l’Album de Chantilly» et de prêts de collections privées, cette modeste exposition de quarante-trois pièces nous offre un panorama étonnant des fastes du XIXe siècle, du «quadrille de Marie Stuart» de la duchesse de Berry aux Tuileries à l’inauguration par la reine Victoria de l’Exposition universelle, en 1851, au Crystal Palace. Chemin faisant, ses «aquarelles d’intérieur», genre né au début du XIXe, nous permettent de suivre l’évolution de l’«éclectisme mobilier», lancé par Lami décorateur dans les appartements voisins du duc d’Aumale : festif et gai encore au pavillon de Marsan pour les ducs de Nemours et d’Orléans, plus solennel et démonstratif chez le baron James de Rothschild à Ferrières, presque mystérieux et symboliste déjà chez le baron Adolphe dans son hôtel de la rue de Monceau. Sans atteindre l’inquiétante minutie de Constantin Guys, ce «peintre de la vie moderne», toujours selon Baudelaire, Lami sut saisir dans ses aquarelles la diversité et les contrastes de son temps : en témoignent les nombreuses gravures réalisées à partir de son œuvre, qui le firent connaître du grand public.

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