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Écrits et dessins aux Beaux-Arts de Paris

Le 07 décembre 2021, par Baptiste Roelly

Bien qu’omniprésentes sur des feuilles de toutes époques, les inscriptions passent souvent inaperçues. Sans doute trouve-t-on plus chic d’aborder les dessins comme des œuvres d’art et non de «simples» documents de travail, d’archive ou des contrats juridiques, ou notre œil préfère-t-il s’épargner la lecture – parfois laborieuse…

Écrits et dessins aux Beaux-Arts de Paris
Federico Zuccari (vers 1540-1609), Portrait de Fra Simone, portier du couvent de Vallombrosa, vu à mi-corps, 1577, pierre noire et sanguine, Beaux-Arts de Paris.
© Beaux-Arts de Paris

Bien qu’omniprésentes sur des feuilles de toutes époques, les inscriptions passent souvent inaperçues. Sans doute trouve-t-on plus chic d’aborder les dessins comme des œuvres d’art et non de «simples» documents de travail, d’archive ou des contrats juridiques, ou notre œil préfère-t-il s’épargner la lecture – parfois laborieuse – des textes, pour mieux céder à la séduction rapide des images. Contrecarrant ces paresses intellectuelle et visuelle, les Beaux-Arts de Paris exposent une trentaine de feuilles et soulignent combien écriture et dessin vont de pair. Que ce soit une dédicace de Puvis de Chavannes à un ami, une inscription d’Hubert Robert situant le lieu qu’il représente ou la mention par Federico Zuccari de l’identité de celui qu’il portraiture, les mots apportent des renseignements que le dessin seul ne peut fournir. En marge d’une copie réalisée d’après son Jugement dernier, le jeune Carpeaux trahit d’une main tremblante le sentiment d’impuissance qui l’étreint face à Michel-Ange : «Je suis un âne», «je ne sais rien». Plusieurs projets d’architecture ou de retable portent une mention valant acceptation par le commanditaire de l’idée soumise par l’artiste. Ainsi d’une étude préparatoire à un triptyque de Pieter Pourbus, où figurent tant les paraphes de l’un et de l’autre qu’une mention notariale ainsi que l’ordre de modifier certains détails sur la peinture finale. Tandis que des feuilles de Hans Baldung ou Charles de La Fosse abordent la question de la signature, d’autres, dues à Unica Zürn ou Alechinsky, montrent combien l’art moderne a fait de l’association de la lettre et de l’image un champ d'expérimentation à part entière. Cheminant du XVIe au XXe siècle, la sélection fait apparaître une typologie renouvelée du dessin de maître, et démontre avec éclat qu’aucun détail ne doit jamais y être négligé.

Cabinet des dessins Jean Bonna, Beaux-Arts de Paris,
14, rue Bonaparte, Paris 
VIe, tél. : 01 47 03 50 00.
Jusqu’au 16 janvier 2022.
beauxartsparis.fr

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