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Éblouissante Venise

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Nous empruntons son titre à l’exposition actuelle du Grand Palais (voir le compte rendu de la Gazette no 35 du 12 octobre, page 225) pour évoquer une suite de quatre toiles peintes à Venise à la fin du XVIIe siècle par un suiveur de Joseph Heintz le Jeune (voir page 68 de la Gazette no 36). Celui-ci fut le premier à traiter...

Éblouissante Venise
École vénitienne de la fin du XVIIe siècle, suiveur de Joseph Heintz le Jeune, «Vues de Venise pendant les jeux», suite de quatre toiles, l’une datée 1693, 132 x 166 cm.
Adjugé : 102 400 €

Nous empruntons son titre à l’exposition actuelle du Grand Palais (voir le compte rendu de la Gazette no 35 du 12 octobre, page 225) pour évoquer une suite de quatre toiles peintes à Venise à la fin du XVIIe siècle par un suiveur de Joseph Heintz le Jeune (voir page 68 de la Gazette no 36). Celui-ci fut le premier à traiter le thème sur différentes séries dont l’une se trouvant au musée Correr de Venise et une autre, à la résidence de Würzburg. Leurs sujets lui collent parfaitement : «Vues de Venise pendant les jeux». Et, de fait, c’est toute une évocation de la vie dans la Sérénissime que l’artiste anonyme a choisi de fixer ici : quatre des moments rythmant le temps du carnaval lequel, ne l’oublions pas, commençait à l’époque le 26 décembre et durait plusieurs mois ! Le XVIIe siècle voit véritablement la naissance du carnaval baroque, avec une multiplicité des divertissements, des plaisirs publics offerts aux étrangers et le développement des spectacles profanes , tout cela, sous le contrôle très strict des autorités de la République. Tour à tour sont ainsi évoqués le Jeudi gras, lorsque la piazzetta Saint-Marc est envahie de spectateurs costumés et que la «Machina» une estrade richement décorée est dressée, la procession du doge à l’église San Zaccaria le jour de Pâques, le combat de poings opposant deux factions, les Nicoletti et les Castellini (reproduite ci-dessous), et la chasse aux taureaux (détail reproduit page de droite), un divertissement très prisé. Leur naïveté formelle n’était pas un handicap, tout au contraire : elle ajoutait une note de charme et de vie et les menait vers un résultat de 102 400 €. Un autre nom vénitien se faisait remarquer : celui du sculpteur Orazio Marinali (1643-1720). 19 840 € honoraient un Buste de femme en marbre blanc lui étant attribué. Il pourrait s’agir de la figure d’Omphale la belle reine de Lydie à laquelle Hercule fut soumis, un sujet magistralement traité sur une grande composition par Rubens ou de celle de Diane, car on connaît de ce maître d’autres belles déesses et héroïnes de même facture, conservées dans des institutions européennes ou dans des collections privées. 

 

École vénitienne de la fin du XVIIe siècle, suiveur de Joseph Heintz le Jeune, suite de quatre toiles, l’une datée 1693, 132 x 166 cm. Adjugé : 102 40
École vénitienne de la fin du XVIIe siècle, suiveur de Joseph Heintz le Jeune, suite de quatre toiles, l’une datée 1693, 132 x 166 cm.
Adjugé : 102 400 €
lundi 22 octobre 2018 - 14:00 (CEST) - Live
Salle 13 - Hôtel Drouot - 75009
Daguerre
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