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Des marques de valeur pour des assises princières

Publié le , par Caroline Legrand

Outre son exceptionnelle richesse décorative, cette suite de quatre fauteuils Louis XV présente deux autres atouts majeurs : l’estampille Tilliard et la marque de la collection Louis-Philippe.

Des marques de valeur pour des assises princières
Époque Louis XV. Suite de quatre fauteuils à dossier plat à châssis en hêtre sculpté et doré, marque en creux «LP» couronnée et estampille «Tilliard» pour Jean-Baptiste II Tilliard, reçu maître en 1752, h. 98, l. 70 cm.
Estimation : 25 000/30 000 

Que l’on recherche l’abondance décorative ou l’élégance des lignes, on ne peut s’y tromper : ces sièges sont l’œuvre d’un grand talent. Ils portent d’ailleurs l’estampille «Tilliard». Cette célèbre dynastie de menuisiers en sièges a débuté sous l’égide de Jean Baptiste I Tilliard (1685-1766), installé rue de Cléry à Paris dans sa boutique «Aux armes de France», tout à côté de son frère Nicolas, et qui devient «menuisier ordinaire du garde meuble de la Couronne» vers 1730. Il fournit notamment le château de Versailles entre 1737 et 1739. Il se retire des affaires en 1764, laissant la place à son fils Jean-Baptiste II Tilliard (1723-1798), reçu maître en 1752, qui reprend son titre de menuisier de la Couronne et son estampille. Si leurs créations sont parfois très proches – la même qualité y prévaut –, on peut les distinguer. Le fils se tourne bien sûr dans les années 1770 vers le style Louis XVI et a offert à ses derniers modèles Louis XV, vers 1765-1770, une richesse remarquable. En témoignent ces quatre fauteuils en hêtre sculpté et doré, au riche décor, parfois en haut relief, de feuillages, d’agrafes, de volutes et de fleurs, parmi lesquelles on remarque notamment les roses au centre de la ceinture et au sommet du dossier. Des ornements parfaitement maîtrisés, qui sont certainement l’œuvre d’un sculpteur talentueux. On sait que Jean-Baptiste II Tilliard collabora en particulier avec François-Marie Chaillou, Nicolas François Valois et Toussaint Foliot. L’élégance des lignes n’est pas en reste, avec la ceinture sinueuse, dont la continuité est encore rompue par les deux agrafes autour du motif central, le «coup de fouet» des consoles d’accotoir, ou encore les pieds arrière venant prolonger le dessin de la ceinture. Caractéristiques, ces sièges appartiennent visiblement au même ensemble mobilier que les six fauteuils et la bergère ayant fait partie de la collection du parfumeur François Coty, dispersée à Paris en 1936. Nos quatre fauteuils ont quant à eux appartenu à Louis-Philippe d’Orléans (1773-1850), comme le révèlent les initiales «LP» couronnées.

samedi 21 mai 2022 - 14:30 (CEST) - Live
70, rue Vendôme - 69006 Lyon
De Baecque et Associés
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