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Dali, carrefour commercial et centre bouddhique

Le 20 décembre 2018, par Anne Doridou-Heim

Dali, carrefour commercial et centre bouddhique
Royaume de Dali (937-1253), XIIe siècle. Statue d’Acuyoe Guanyin, bronze doré, h. 45,5 cm.
Adjugé : 762 500 €

Le haut résultat 762 500 € de cette rare sculpture en bronze doré gracile et sereine, représentant une guanyin, requiert une précision historique et géographique. Elle a été fondue au XIIe siècle dans une région de la Chine méridionale, pouvant correspondre aujourd’hui au Yunnan, connue sous la dénomination de royaume de Dali, du nom de sa capitale. La ville se trouvait au cœur d’un nœud de routes commerciales avec l’Asie du Sud et celle du Sud-Est, une situation de choix qui lui permit de devenir un emplacement de tout premier ordre et de prospérer. Le royaume fut tout d’abord celui de Nanzhao, gouverné par des rois bouddhistes. Dali devint ainsi un centre important également pour la diffusion de la doctrine dans les territoires voisins. Puis, logique des guerres, ses conquérants furent défaits par le clan des Duan : ce sont eux qui établirent le royaume de Dali, de 937 à 1253, avant qu’à leur tour ils ne soient chassés par les Mongols. Au cours de cette période, le bouddhisme prospéra et fut le véritable souverain neuf rois abdiquèrent la couronne et devinrent moines. Des milliers de sculptures furent fondues pour garnir les nombreux temples dédiés et les innombrables niches privées. Dans les représentations comme sur les âmes, c’est le bouddha qui règne en maître. Les statuettes de petites dimensions prolifèrent, les grandes étant évidemment plus rares. Celle-ci mesure 45,5 cm de hauteur, une taille des plus honorables. La douceur des traits du visage, l’impression paisible et bienveillante qui se dégage de la figure globale et les gestes des mains charité et don pour la gauche, raisonnement et pensée pour la droite illuminent un bronze auquel les usures de la dorure confèrent un petit supplément d’authenticité. À ses côtés, toujours pour la partie asiatique de la vacation, un bol en porcelaine émaillée polychrome, à décor de phénix et de dragon, recevait 60 000 €. Il faut ajouter qu’il portait une marque de Yongzheng (1722-1735), annoncée comme apocryphe. Et pour conclure, une encre et gouache sur soie de Mai Trung Thu (1906-1980) invitait à la Méditation, pour 62 500 € tout de même.

mercredi 12 décembre 2018 - 14:00 - Live
Salle 10 - Hôtel Drouot - 75009
Paris Enchères - Collin du Bocage
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