D’Alésia à Rome, l’aventure archéologique de Napoléon III au musée d’Archéologie nationale

Le 06 octobre 2020, par Emmanuel Lincot
Portrait féminin, 70-100 apr. J.-C., Rome, Palatin, Horti Farnesiani (fouilles de Pietro Rosa, 1865), marbre blanc, 31 27 26,5 cm, Paris, musée du Louvre.
© RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Hervé Lewandowski

La passion de Napoléon III pour l’héritage de César, Gergovie et Alésia est connue. Ce qui l’est moins, c’est la mobilisation des premières sociétés savantes par l’empereur dans un but à la fois scientifique, identitaire et national. Relevés topographiques, cartes d’état-major et premières photographies donnent à l’archéologie française d’alors un gage de scientificité. Napoléon III est le grand instigateur de cet accent désormais mis sur les vestiges et beaucoup moins sur les textes. C’est également sous son règne que le musée de Saint-Germain-en-Laye, son « enfant chéri », disait-il, voit le jour. Et avec lui, les prémices d’une archéologie expérimentale ainsi que des procédés muséographiques encore en usage : cartels, moulages, reconstitutions à l’aide de maquettes, parfois volumineuses. Paradoxalement, c’est moins sur la défaite de Vercingétorix que sur le génie administratif des Romains et son legs qu’on se polarise. Et partant, les origines d’une latinité et du prestige romain pour lesquels Napoléon III nourrit, depuis l’enfance, une réelle admiration. C’est d’ailleurs lui qui décide d’obtenir un moulage de la colonne Trajane. Un remarquable travail entrepris par des infographistes de la RMN permet d’en suivre, plan par plan, l’évolution. C’est encore lui qui acquiert les jardins Farnèse sur la colline du Palatin à Rome pour y initier, comme en France, d’importants chantiers de fouilles sur l’époque romaine. La France impériale, tout entière portée par l’idéologie saint-simonienne (dont on ne dit hélas pas grand-chose dans l’exposition) et par les transformations apportées dans la capitale par Haussmann, est l’une des plus innovantes aussi dans le domaine de l’archéologie. L’exposition réussit à en rappeler l’importance, et ce n’est pas le moindre de ses intérêts.

Musée d’Archéologie nationale,
place Charles-de-Gaulle, Saint-Germain-en-Laye (78), tél. 
: 01 34 51 65 36.
 
Jusqu’au 3 janvier 2021.
www.musee-archeologienationale.fr
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