Biennale d'Issy-les-Moulineaux, Portraits contemporains : selfies de l’âme ?

Le 26 septembre 2019, par Christophe Averty
Didier Genty (né en 1946), Le Danseur, 2015, acrylique et cire sur papier, 120 80 cm.
© Didier Genty

Parcelles lumineuses, cinq figures hiératiques de bois bruni de Christian Lapie, se dressent devant la mairie, sur la place du marché. Telles des ombres sans visage, ces hautes silhouettes annoncent le thème de la treizième biennale d’Issy-les-Moulineaux. Il y sera question de présence, de mémoire, d’identité, d’intime. Explorant à l’envi portraits et autoportraits, quelque 61 artistes «annexent» la ville, ses médiathèques, l’EFB, ainsi que le foisonnant musée de la Carte à jouer. Toiles, sculptures, dessins, photographies et œuvres digitales sont autant d’interrogations, d’apostrophes, de visions crues ou idéalisées d’une humanité incarnée. Des têtes surréelles de David Lynch au faciès granitique et rugueux de Denis Monfleur, des prouesses chirurgicales procurant une idéale androgynie saisie par Corinne Mariaud au classicisme de Ghyslain Bertholon se représentant en Albrecht Dürer… l’éclectisme, la disparité de tons et de techniques des productions s’adoucit dans une scénographie subtile, harmonisant les œuvres parmi les collections de cartes du musée. L’accrochage signé du peintre Didier Genty, qui évoque en une seule toile les tumultes de son propre être en souffrance, fait la part belle à une déambulation, malgré la force d’un propos qui, explorant visages et figures tels des selfies profonds, en divulgue les âmes.

Musée de la Carte à jouer, 16, rue Auguste-Gervais
Médiathèque centre-ville, 33, rue du gouverneur-général Éboué
École du barreau EFB, 1, rue Pierre-Antoine Berryer, Issy-les-Moulineaux.

Jusqu’au 10 novembre 2019.
www.biennaledissy.com