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Bernard Buffet, habile toréador

Publié le , par Caroline Legrand

Dès la fin des années 1950, le grand peintre figuratif aborde le thème de la tauromachie : une passion, mais aussi un nouveau moyen détourné de traiter de l’existence humaine.

Bernard Buffet (1928-1999), Torero, 1987, huile sur toile signée, 92 x 65 cm. Estimation :... Bernard Buffet, habile toréador
Bernard Buffet (1928-1999), Torero, 1987, huile sur toile signée, 92 65 cm.
Estimation : 280 000/350 000 

Tout comme les Espagnols Francisco de Goya et Pablo Picasso avant lui, la corrida a passionné Bernard Buffet. À partir de 1958 environ, et jusqu’en 1967 – date à laquelle il réalise son exposition annuelle de février à la galerie David et Garnier, justement sur ce thème –, il lui consacre de nombreuses toiles. Le sujet devait revenir à plusieurs reprises sur son chevalet au long de sa carrière, comme le prouve ce portrait daté 1987 d’un Torero vêtu de son costume de lumière vert et doré, et coiffé de la traditionnelle montera. Buffet se rendait régulièrement dans les arènes d’Arles ou de Nîmes en compagnie de son épouse Annabel, devenue elle aussi une aficionada ; elle posa d’ailleurs pour son peintre de mari en tenue de matador et écrivit en 1963 un ouvrage sur le sujet, La Corrida du veau d’or. À côté de ces portraits de plus petites dimensions se remarquent aussi de grands formats, à l’image de l’ensemble de toiles titrées La Corrida, Desplante de rodillas présenté lors de la rétrospective du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, en 2016-2017. Ces œuvres sont restées longtemps méconnues du public, subissant à l’époque de nombreuses attaques de la part des critiques d’art français, qui lui reprochaient notamment son caractère médiatique et sa popularité. Finalement, le thème devint pour lui une métaphore, prenant l’apparence du taureau mis à mort par la critique. Tout comme il le fit pour le cirque ou les scènes de la vie quotidienne, il élève par ces grands formats la corrida au rang de peinture d’histoire. On retrouve aussi dans cette série son style si personnel, basé sur un graphisme sombre et nerveux, voire déchiqueté, et un allongement des corps. Depuis la fin des années 1950, il utilise dans ses œuvres des couleurs de plus en plus vives, la corrida se révélant idéale dans cette quête de vitalité. En cadrage serré, les toréadors au regard vide rappellent encore une fois les difficultés de la condition humaine, en particulier pour ces hommes qui peuvent voir la mort en face d’eux à chaque combat.

lundi 15 août 2022 - 14:30 (CEST) - Live
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