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Amitiés artistiques

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Cette belle composition, brossée par Émile Friant, contribue à renforcer l’ancrage de ce peintre nancéien assez inclassable dans l’histoire de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle.

Émile Friant (1863-1932), L’Ébauche, 1885, huile sur panneau, 55 x 45 cm. Adjugé :... Amitiés artistiques
Émile Friant (1863-1932), L’Ébauche, 1885, huile sur panneau, 55 45 cm.
Adjugé : 88 480 

Les artistes aimaient à se peindre mutuellement et l’histoire de l’art fourmille de ces œuvres exécutées par amitié souvent, hommage parfois. Émile Friant (1863-1932), en réalisant ce panneau en 1885, s’inscrit dans cette longue généalogie. Séduisant, ce bien nommé L’Ébauche, que l’on avait pu admirer en couverture de la Gazette no 27 du 12 juillet dernier (voir l'article page 6 Cadeau artistique et amical), retenait 88 480 €. Il montre avec brio Léon Charles Bénigne Vaillant de Meixmoron (1839-1912), éminent ingénieur lorrain, mécène des impressionnistes et par ailleurs peintre actif participant régulièrement aux salons parisiens (voir page 6 du même numéro), en train d’exécuter le portrait de son épouse, Lucie Marie Emma de Maillart de Landreville. Friant n’a que 22 ans lorsqu’il dresse cette composition particulièrement enlevée, dans laquelle on sent toute l’attention du mari, la retenue de la jeune femme et l’athmosphère d’un atelier à la fin du XIXe siècle. Et pourtant, quelle maîtrise déjà ! On est là dans la belle société nancéienne, bien loin de l’ambiance de tableaux plus politiques qui le rendront célèbre par la suite. À l’hiver 2016-2017, le musée des beaux-arts de Nancy lui a consacré une belle rétrospective. Elle a permis de montrer au grand jour les différentes facettes d’un «inclassable génie», comme le catalogue le définissait. En effet, Émile Friant semble tout aussi à l’aise dans les portraits réalistes que dans les scènes de la vie quotidienne, traitées avec plus de naturalisme. Dans quelques chefs-d’œuvre comme La Toussaint de 1889 (musée des Beaux-Arts de Nancy) et Ombres portées, de 1891 (musée d’Orsay), on sent combien il sait dépasser la représentation anecdotique et entretenir des liens avec les courants novateurs. Voilà un peintre qui tient toute sa place dans l’histoire de l’art de la seconde moitié du XIXe siècle. La vente permettait aussi de découvrir un Portrait présumé de Madame Récamier (66 52 cm) à l’huile sur toile de l’école française du XIXe siècle, donc pour l’instant anonyme. Un tableau qui lui non plus ne manquait pas d’un certain brio et qui était adjugé 13 272 €.

vendredi 04 octobre 2019 - 14:00 (CEST) - Live
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