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Alberto Giacometti/ Barbara Chase-Riboud à l'Institut Giacometti

Le 09 novembre 2021, par Virginie Huet

Alberto Giacometti/ Barbara Chase-Riboud à l'Institut Giacometti
Alberto Giacometti, Grande femme II, 1960 et Barbara Chase-Riboud, Zanzibar, 1970.
© Succession Alberto Giacometti/ADAGP, Paris 2021. © Barbara Chase-Riboud 2021

Un « Ramsès au visage triste » et aux « yeux suisses précautionneux ». Voilà comment « la petite Américaine » se souvient de son mentor grison. Arrivée en 1961 à Paris, où elle épouse le photographe humaniste Marc Riboud, la sculptrice, poétesse et romancière Barbara Chase (née en 1939, à Philadelphie) rencontre à deux reprises Giacometti : la première dans la poussière de son atelier à Montparnasse, où l’entraîne Cartier-Bresson, la seconde à Milan, alors qu’il cherche à regagner la rue Stampa. Leurs chemins se croisent à nouveau cet automne, rue Schœlcher. Au rez-de-chaussée, tandis qu’un portrait de Chase-Riboud, pieds nus dans son atelier du Loir-et-Cher, toise la reconstitution du repère de Giacometti, le cabinet des arts graphiques rapproche leurs dessins et écrits autour d’une vitrine mêlant ses décors de scène à elle et ses bustes sur socle à lui. À l’étage, leurs « points de contact » – l’Égypte, le relief, la prose – se précisent : parés de « jupes » en laine nouées selon les conseils de Sheila Hicks, les bronzes de Chase-Riboud, sculptés à Rome avant d’être fondus à la cire perdue à Milan, marchent auprès des « Femmes » de Giacometti. Parmi ces « sentinelles veillant les morts », comme les décrivait Jean Genet, les vigies de Chase-Riboud ne dépareillent pas. Plus loin, son Couple (1963), boule de nerfs et d’os sur pattes qu’on croirait échappée d’une toile de Jérôme Bosch, voisine avec Le Nez (1947-1949), bec de carnaval dépassant de sa cage. Les deux font la paire, comme sa Femme noire debout de Venise (1969-2020), haute stèle heurtée, et la Femme qui marche (1932-1936), corps mince sans bras ni tête. Ailleurs, son Ange qui marche (1962) déploie ses « ailes-feuilles » près de la Femme cuillère (1927), fétiche au ventre rond. Ultime tête-à-tête, sans doute le plus parlant, entre Zanzibar (1970) et Grande femme II (1960), créatures impériales et rousses semblant porter le poids du monde.
 

Institut Giacometti,
5, rue Victor-Schœlcher, Paris 
XIVe,
Jusqu’au 9 janvier 2022.
www.fondation-giacometti.fr

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