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À Londres, la foire Frieze tire son épingle du jeu

Publié le , par Carine Claude

La foire Frieze London, qui se déroulait du 12 au 16 octobre dans Regent’s Park, s’achève sur un bilan positif malgré un climat britannique morose.

Robert Indiana, Imperial Love, 1966-1971, présenté par Waddington Custot.Frieze Sculpture... À Londres, la foire Frieze tire son épingle du jeu
Robert Indiana, Imperial Love, 1966-1971, présenté par Waddington Custot.
Frieze Sculpture 2022.

Sur fond d’inflation galopante et de chute historique de la livre sterling, la Frieze de Londres redonne des couleurs au marché de l’art britannique. Fondé en 2003, l’événement s’était installé dans ses traditionnelles tentes sur Regent’s Park du 12 au 16 octobre, une semaine à peine avant l’inauguration de Paris+, nouvel étendard de la place artistique parisienne. Fragilisé par le Brexit et l’essor de l’Asie comme plaque tournante internationale des transactions en art, inquiet pour ses collectionneurs et ses marchands tentés par d’autres horizons plus accueillants fiscalement parlant, le tout sur fond de guerre en Ukraine, le Royaume-Uni jouait une carte d’importance avec cette nouvelle édition. Celle-ci se déclinait, comme à l’accoutumée, en Frieze London pour la création contemporaine et Frieze Masters, pour l’art plus traditionnel, couvrant les œuvres allant de l’Antiquité
à l’après-guerre.

Effervescence inattendue
Dès les premiers jours, la foire d’art contemporain a rassuré collectionneurs et marchands qui ont d’emblée enregistré de belles transactions malgré les pronostics moroses. «Notre stand était entièrement consacré au solo show de Cindy Ji Hye Kim, artiste coréenne née en 1990, que nous avons réussi à céder en entier, se réjouit Veronica Levitt, directrice de la galerie new-yorkaise Casey Kaplan. L’ensemble était composé de cinq nouvelles peintures, des compositions planant dans l’espace et faites d’un châssis en bouleau de la Baltique, de soie et de graphite.» Ce n’était pas la seule enseigne à vendre toutes ses pièces. Amy Adams, cofondatrice d’Adams and Ollman, galerie de Portland fondée en 2013, a également fait carton plein avec sa sélection d’œuvres de Rob Lyon, artiste britannique né en 1982 dans le Lancashire : «Comme nous l’avions espéré, Londres a été très réceptive. Nous avons été ravis de vendre toutes les œuvres que nous avons apportées, à des administrateurs de musées, à de merveilleuses collections et même à des artistes !» Les grandes galeries sont elles aussi unanimes : contre toute attente, une forme d’effervescence s’est même emparée de Frieze. Hauser and Wirth se séparait de quinze œuvres dès le vernissage de la foire, dont l’une, abstraite, de Philip Guston d’une valeur de 4,8 M$ vendue à un collectionneur européen, une autre de Hans Arp (1,2 M$) et une pièce de George Condo (900 000 $). Zwirner se targuait même d’avoir vendu à «un grand musée américain» une peinture de Kerry James Marshall pour 6 M$, une œuvre de Carol Bove pour 500 000 $ et deux tableaux d’Oscar Murillo pour 400 000 $. LGDR (Lévy, Gorvy, Dayan, Rohatyn) cédait pour sa part une œuvre sur papier (montée sur toile) de Willem de Kooning pour 2,9 M$. «Le monde entier est dans une situation difficile en ce moment, pas seulement le Royaume-Uni, mais malgré l’incertitude générale Londres reste la plus excitante des capitales européennes de l’art», confie Eva Langret, directrice artistique de Frieze London. Les institutions se sont également portées acquéreuses, à l’instar de la Contemporary Art Society (CAS), qui achetait un groupe de huit photographies de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama destinées au Norwich Castle Museum & Art Gallery (chez White Cube, 12 500 € chacune), dans le cadre d’un partenariat établi avec la foire. « Ce qui compte vraiment, c’est que l’esprit créatif de Londres reste intact», ajoute Eva Langret. Un signal positif pour le marché de l’art international et la place londonienne en particulier.

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