Le dindon de François Pompon

Le 29 octobre 2020, par Anne Doridou-Heim

La basse-cour avait aussi les faveurs de ce fou d’animaux qu’était François Pompon. Il la sculptait avec le même amour que pour son ours blanc.

François Pompon (1855-1933), Dindon, 1925, épreuve en bronze patiné, cire perdue «C. Valsuani fondeur», h. 25 cm.
Adjugé : 42 240 

C’est l’année même de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris, 1925 donc, que François Pompon sculpte le modèle de ce Dindon. Il est l’ancien praticien de Rodin, le fou de travail – il s’éteindra d’ailleurs d’épuisement huit ans plus tard –, celui qui a définitivement renoncé à la figure humaine pour mieux montrer son attachement à la gent animale. C’est à elle qu’il consacre toute son attention, passant des heures à l’observer au Jardin des Plantes, mais aussi dans cette campagne bourguignonne dont il est issu ou près de sa demeure normande de Cuy-Saint-Fiacre. Aussi, à côté de l’Ours blanc qui est sa Joconde, de ses taureaux et de tant d’autres encore, il s’emploie à représenter des animaux moins prisés par ses contemporains mais tout aussi dignes d’intérêt, ceux de la basse-cour. D’ailleurs, lors de sa première participation au Salon de 1906, il vient avec une Poule cayenne. Désormais, il a trouvé sa voie… Il sera sculpteur animalier, avec cette esthétique qui le définit aussitôt, car l’élève n’a jamais oublié les leçons du maître : «Copier la nature ne consiste pas à la reproduire trait pour trait.» Ce Dindon, présenté ici en fonte ancienne de Valsuani à patine brune, en est un bel exemple et gloussait de bonheur de picorer 42 240 €.

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