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La Marseillaise de Dupas et la peinture bordelaise

Publié le , par Philippe Dufour

Ils ont célébré Bordeaux ou sa région et se nomment Alex Lizal, Marius Gueit ou encore Jean-Maurice Gay. Le plus célèbre d’entre eux demeure Jean Dupas, peintre vedette de l’entre-deux-guerres.

La Marseillaise de Dupas et la peinture bordelaise
Jean Dupas (1882-1964), La Marseillaise, huile sur carton, 1945, 47 60,5 cm.
Adjugé : 20 900 

Dupas était la vedette incontestée de cette vente entièrement consacrée aux artistes nés ou ayant œuvré dans la cité girondine. Chantre d’un style art déco monumental, adapté aux chantiers de son temps (dont le décor du grand salon du Normandie en 1935), il revoit, de manière très personnelle, les canons de la beauté féminine. Reconnaissables entre tous, les cous étirés et les yeux en amande que l’on retrouve ici dans La Marseillaise (47 60,5 cm), une huile sur carton, signée des initiales «JD» et datée «1945». Il s’agit en réalité d’un projet de tapisserie pour le ministère de la Justice à Paris ; l’œuvre a été préemptée par l’État pour ce même ministère, à hauteur de 20 900 €. Second exemple de son travail sophistiqué, L’Arcade pourpre (65 46 cm) de 1922, mettant en scène deux jeunes femmes, cédée à 15 990 €. Ces deux tableaux sont bien référencés dans les archives de Romain Lefebvre, spécialiste de Dupas, et ils seront inclus dans son catalogue raisonné, en préparation. Dans un autre genre, le Libournais René-Pierre Princeteau, maître et ami d’Henri de Toulouse-Lautrec, avait signé un Veneur à cheval ; une huile sur panneau (27 22 cm), qui évoquait sa passion de la chasse à courre pour 11 070 €. Alex Lizal (voir l'article Les Landes dans le cœur de la Gazette n° 34, page 150) préférait quant à lui les paysages des Landes ; en témoignait La Plage de Capbreton (27 41 cm), décrochée pour 7 750 €, et Soir de fête, environs de Paris, de 1905 (27 41 cm), vendue 6 150 €. Tout aussi fasciné par la côte landaise, Marius Gueit avait brossé Les Dunes, matinée d’été (79 131 cm) en 1927 ; la même année, elle était passée par l’Exposition de la Société des amis de Bordeaux (6 150 €). Enfin, le fond d’atelier de Jean-Maurice Gay permettait de juger de ses recherches sur l’abstraction géométrique, telle la Composition jaune, toile achetée 1 110 € (80,5 129 cm).

Jean Dupas (1882-1964), L’Arcade pourpre, huile sur toile, 1922, 65 x 46 cm. Adjugé : 15 990 €
Jean Dupas (1882-1964), L’Arcade pourpre, huile sur toile, 1922, 65 46 cm.
Adjugé : 15 990 

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