L’Ancien et le Nouveau Testament selon Crabeth et Mariano Andreu

Le 09 janvier 2020, par Philippe Dufour

Si la vente du nouvel an présentait son lot habituel de belles surprises, de Mariano Andreu à Mai-Thu, elle consacrait surtout un dessin virtuose du Hollandais Dirck Pietersz Crabeth.

Dirck Pietersz Crabeth (1501-1574), L’Onction de David, dessin doublé, plume et encre noire sur traits de crayon noir, 25 19,3 cm.
Adjugé : 139 150 

Né en 1501 à Gouda, Crabeth est un artiste de la Renaissance qui se distingua en tant que dessinateur de vitraux, à l’origine d’une dynastie de maîtres verriers. Il se forme auprès de Jan Swart Van Groningen, avant de réaliser, entre 1540 et 1574, nombre de projets pour les vitraux d’églises de Gouda (tels ceux de Saint-Jean, vers 1555-1571), Utrecht, Delft et Amsterdam. Ici, il était l’auteur d’un dessin (doublé) à la plume et encre noire sur traits de crayon noir (25 19,3 cm), ayant pour thème L’Onction de David. Artiste fort rare en salles de ventes, Crabeth culminait à 139 150 €, ce qui place son dessin dans la fourchette haute de ses adjudications (source Artnet). Après cet épisode biblique traité dans l’esprit de la Réforme, survenait, attirant 62 920 €, une vision plus surréaliste du chapitre évangélique consacré à La Femme adultère. Il s’agit d’une huile sur panneau d’un grand format rectangulaire (73 153 cm), exécutée par Mariano Andreu (1888-1976). Ce dernier, Barcelonais d’origine, sera un grand dessinateur de décors et de costumes, peintre et émailleur de renom, exposant ses œuvres à Paris dans la galerie du décorateur Serge Roche. Inspiration plus lointaine ensuite, avec une scène de cimetière dépeinte par Mai-Thu : Des vivants et des morts, technique mixte à la gouache, aquarelle et encre (55,7 35,7 cm) : elle remportait 54 450 €. Au rayon des arts appliqués, une coiffeuse de René-Jean Caillette de 1962, du modèle «Martine», en bois, verre et métal chromé, se hissait jusqu’à 20 570 €. Néanmoins, c’est une Lamborghini Espada série 2 phase 1, mise en circulation le 4 septembre 1970, qui prenait les devants avec 96 800 €. Quant à l’œuvre de Sam Szafran, Dans le ventre d’H (voir l'article Quand Szafran rejoignait Pollock de la Gazette n° 44, page 26), elle n’a pas encore trouvé preneur.

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