Une robe à l'anglaise fin XVIIIe siècle

Le 25 février 2021, par Anne Doridou-Heim

Taillée dans une indienne, une robe à l’anglaise retroussée en polonaise sonnait l’heure de la mondialisation version XVIIIe siècle. En toute simplicité !

Robe à l’anglaise retroussée en polonaise, indienne, vers 1780.
Adjugé : 8 501 

La mode a toujours été en avance sur son temps. Cette robe datant de la dernière décennie de l’Ancien Régime le racontait à sa façon. Coupé pour la taille de guêpe d’une jeune fille dans une indienne, tissu imprimé en Europe dès la fin du XVIIe siècle d’après des toiles rapportées dans les malles des Indes, le vêtement joliment fleuri séduisait à 8 501 €. Il s’agissait d’un exemple de robe dite «à l’anglaise», particulièrement demandée par les élégantes du temps de Louis XVI, après que la reine Marie-Antoinette l’eut adoptée vers 1780. La souveraine était en quête de confort et de simplicité pour son havre du Petit-Trianon. Or justement, la mode à l’anglaise se définissait par sa décontraction et sa capacité à être portée en plein air. Dans Le Tableau de Paris publié en 1783, on pouvait lire : «Jamais les femmes ne se sont mises avec autant de simplicité. Plus de robes riches, plus de garnitures, plus de manchettes à trois rangs. Plus de folle coiffure. Un chapeau de paille avec un ruban suffit». Petit plus de cette version, l’arrière de la jupe est retroussé en polonaise et maintenu par des cordons. Il suffisait de tirer dessus pour descendre ou relever les pans. Astucieuse transformation.

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