Bronze Ming, l’éveil du bodhisattva

Le 10 juin 2021, par Sophie Reyssat

Du haut de son éléphant, Samanthabadra dominait les enchères avec ce bronze fondu sous les Ming.

Chine, XVIIe siècle, époque Ming (1368-1644). Statuette de Samanthabadra en  bronze doré, assis en padmasana sur un socle en forme de lotus épanoui reposant  sur le dos de son éléphant, la main droite en vitarka mudra, le geste de  l’argumentation, 50,7 37 cm.
Adjugé : 121 250 

Attendue au plus haut à 60 000 €, cette imposante effigie de Samanthabadra, fondue en Chine au XVIIe siècle, était emportée pour 121 250 € (voir l'article Sous la protection de Samanthabadra de la Gazette n° 21, page 108). Le sujet est l’un des quatre grands bodhisattvas, avec Avalokiteshvara, Kshitigarbha et Manjushri. Comme ce dernier, il est qualifié de «fils du Bouddha» et siège à sa droite. Il symbolise à la fois la plénitude, la perfection, la sagesse et la vérité ultime. Le mont Emei, situé dans le Sichuan, considéré comme l’une des quatre montagnes bouddhiques, s’étirant sur près de 200 kilomètres et culminant à plus de 3 000 mètres, aurait été choisi par cet «être promis à l’Éveil» pour propager sa doctrine. La plupart des temples émaillant ses flancs conservent sa statue. Dans l’un des plus importants, édifié sous les Jin de l’Est vers 400, trône un bronze haut de plus de 7 mètres, le représentant comme ici, chevauchant son éléphant blanc à six défenses. L’autre succès de l’après-midi était celui de l’artiste portugais Manuel Cargaleiro, dont les toiles les plus remarquées étaient celles peintes en 1971 : La Grande Fête d’un rouge absent, décrochée à 31 250 € (81 60 cm), et Les Fenêtres du printemps, qui suivaient à 30 000 € (54 81 cm). Le peintre, qui maîtrise également la céramique, livre ici des abstractions carrelées de couleurs pures.

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