Émaux du Vietnam et jades de Chine

Le 24 octobre 2019, par Philippe Dufour

Les productions des ateliers impériaux vietnamiens, et un bel ensemble de jades chinois, réalisés du XVIIIe au XXe siècle, constituaient le cœur de cette dispersion toulousaine.

Vietnam, XIXe siècle. Paire de plats, époque Tu Duc (1847-1883), en émaux polychromes de la famille rose sur cuivre, revers de l’aile émaillé bleu lavande, quatre caractères «Tu Duc Nian zhi» autour du médaillon central, diam. 30 cm.
Adjugé : 56 250 

En majesté trônait pour 56 250 €, une paire de plats en émaux polychromes (diam. 30 cm), réalisés dans l’ancienne capitale impériale, Hué. Ils relevaient de la famille rose, peints sur cuivre, à décor de dragons dorés sur fond bleu ; de face, se détache un de ces animaux mythiques en médaillon central, entouré de quatre autres passants, poursuivant le joyau flammé parmi des nuages stylisés. Les quatre caractères «Tu Duc Nian zhi» disposés au centre donnent un indice de son origine : il s’agit de la marque de Tu Duc, empereur d’Annam, qui régna de 1847 à 1883. Il faut savoir que l’atelier impérial de Hué a été créé en 1827, la huitième année du règne de son prédécesseur Minh Mang (1820-1841) ; cet art des émaux sur cuivre (ou phap lam) arrive alors au Vietnam par l’intermédiaire d’artisans chinois, qui vont fortement en influencer le style. Cette production se développe sous les empereurs Thiêu Tri (1841-1847) et Tu Duc (1847-1883), et cessera avec Dông Khanh (1885-1889). C’est encore une histoire de dragons poursuivant la perle sacrée qui figure sur ce plat en porcelaine (diam. 36 cm), un bel exemple de la virtuosité des artisans vietnamiens, du XXe siècle cette fois, qui s’élevait 14 375 €. Les animaux fabuleux étaient ici accompagnés d’un phénix, dans un décor bleu et blanc. Pour clore ce chapitre sur un paysage, mentionnons encore les 8 750 € de Buffles au milieu d’une rivière traversant un village entouré de pics montagneux, de Nguyen Mai Thu, une toile datée «1934» (70 98 cm). De la Chine voisine, provenaient des jades d’exception ; tel, acquis pour 20 750 €, ce pendentif en jade céladonné, sculpté et ajouré (l. 6 cm), représentant une apsara volant sur des nuages, de la fin du XVIIIe siècle ou au début du suivant. À 11 500 €, une plaque d’écran de forme circulaire (diam. 15,3 cm), en jade blanc également céladonné, trouvait preneur. Datant de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, il présente une face ornée en relief d’une scène illustrant la légende du «Bouvier et de la Tisserande» (voir l'article Le Bouvier et la Tisserande de la Gazette n° 34, page 142).

vendredi 18 octobre 2019 - 14:30 - Live
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