Le retour d'Apis l'Égyptien

Le 18 juin 2020, par Anne Doridou-Heim

Le fort pouvoir d’attraction de cette tête d’Apis n’a en rien été altéré par son changement d’époque.

Égypte, Basse Époque ou époque ptolémaïque. Tête d’Apis couronnée du disque solaire et d’un uræus dressé, granodiorite, h. 29 cm.
Adjugé : 283 360 

Évidemment, cette tête d’Apis couronnée du disque solaire et d’un uræus dressé n’était pas passée inaperçue en page 44 de la Gazette n° 22 (voir l'article Sous le signe du taureau à l'époque des pharaons). Elle était alors annoncée comme une œuvre de la XXVIe dynastie (664-525 av. J.-C.), une datation renforcée par la présence au musée du Caire d’un modèle proche de cette période. Après étude plus approfondie, l’expert décidait de la rajeunir quelque peu, et le dieu à face de taureau était finalement présenté comme de la Basse Époque (664-332 av. J.-C.) ou de l’époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.). Les acheteurs ne se souciaient guère de ce changement puisque, estimé – raisonnablement il est vrai – entre 20 000 et 30 000 €, cet élément en granodiorite, une roche magmatique noire, était emporté à 283 360 €. Visiblement, le culte d’Apis ne faiblit pas… On restait sur le continent africain, mais avec un changement de civilisation. Entre-temps, les Romains étaient en effet passés par là et y avaient disséminé des ateliers. Une statue en marbre (h. 55 cm) de l’un des Dioscures sous les traits d’Alexandre le Grand, probablement exécutée sous la dynastie des Sévères (193-235), montrait son allure élancée à 33 488 €. Les jumeaux divins Castor et Pollux, protecteurs des commerçants, des voyageurs et des marins, bénéficiaient d’un véritable culte sous la Rome antique, un temple leur ayant été érigé près du Forum.

mercredi 10 juin 2020 - 13:30 - Live
9, rue Drouot 75009 Paris
Thierry de Maigret
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