Alexander Calder et Jeanne Hébuterne

Le 01 juillet 2020, par Claire Papon

Honneur aux dames dans cette dispersion d’art moderne, où un bois sculpté d’Alexander Calder fait écho à un autoportrait de Jeanne Hébuterne.

Alexander Calder (1898-1976), Nu aux mains croisées, 1927, sculpture en bois, taille directe, h. 106 cm.
Estimation : 150 000/200 000 

De telles œuvres de Calder se comptent sur les doigts d’une main, l’essentiel d’entre elles étant conservées au Whitney Museum et à la fondation qui porte son nom à New York. Elle a été exécutée en 1927, peu de temps après l’arrivée de cet Américain à Paris. Dans le quartier de Montparnasse, il côtoie Picasso, les sculpteurs Brancusi et Zadkine, qui ont fait du bois l’un de leurs matériaux de prédilection. À son tour, notre artiste l’apprivoise, quand il ne lui préfère pas la pierre. Les lignes sinueuses, la silhouette longiligne et le sujet rappellent les créations de Pablo Picasso et d’Alberto Giacometti. Cette œuvre pleine de pudeur déroule ses volumes comme un fil, et son profil comme une lame. «Avec quelque chose de plat, il donne du volume. C’est là toute l’essence de Calder. C’est le début de ce qu’il a dans les mains, dans la tête», souligne Cécile Ritzenthaler, l’expert de la vente. En 1929, il emporte cette sculpture à Berlin, l’une des capitales artistiques de l’époque. Elle est exposée à la galerie Neumann Nierendorf et acquise auprès de l’artiste. Dans les années 1950, elle est visible à la galerie Beyeler à Bâle. Aujourd’hui, elle est susceptible d’intéresser les amateurs allemands, suisses, français et ceux d’outre-Atlantique. Tout comme probablement un rare autoportrait de Jeanne Hébuterne. Non signée, exécutée vers 1918, cette œuvre conservée sur sa toile d’origine a été offerte par André Hébuterne (1894-1992), frère de l’artiste et lui-même peintre, aux parents de l’actuel propriétaire, dans les années 1950. On ne peut qu’être séduit par ce visage longiligne, et frappé par sa ressemblance avec l’art primitif, que découvraient les artistes en ce début de XXe siècle, sans oublier les œuvres d’Amedeo Modigliani, compagnon de Jeanne. Les volumes simplifiés et les formes abstraites dialoguent avec la palette dorée, alors que l'intensité du regard est adoucie par le bleu profond des yeux. Un Nu au collier de perles d’Henri Lebasque (30 000/35 000 €), une Nature morte à la lampe à pétrole de 1948, signée Bernard Buffet (30 000/40 000 €), et une encre sur papier de Pierre Alechinsky, Sans habitation (60 000/80 000 €) complèteront ce programme.
 

Jeanne Hébuterne (1898-1920), Autoportrait (détail), huile sur toile, 55 x 33 cm. Estimation : 40 000/60 000 €
Jeanne Hébuterne (1898-1920), Autoportrait (détail), huile sur toile, 55 33 cm.
Estimation : 40 000/60 000 
mercredi 08 juillet 2020 - 14:00 - Live
Salle V.V. - 3, rue Rossini - 75009
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