Le monde du spectacle par Brianchon

Le , par Caroline Legrand

Acquis lors de la vente en 2013 de la collection Maurice Brianchon, ce tableau est connu comme l’une des plus belles réalisations de l’artiste.

Maurice Brianchon (1899-1979), Le Repos, nu costumé, 1940, huile sur toile, 65 92 cm.
Estimation : 8 000/15 000 

L’œuvre a pu être admirée lors de nombreuses expositions, de la Royal Academy of Arts de Londres, en 1951, à la galerie Art France, à Paris, en 2008, en passant par la grande rétrospective Maurice Brianchon organisée en 1989-1990 par la fondation de l’Hermitage, à Lausanne. Le Repos, nu costumé propose une composition habile et complexe, des couleurs soutenues et un caractère décoratif qui n’est pas sans rappeler le travail d’un Matisse. Cet instant volé, ce morceau d’intimité révélé, est une grande réussite. La femme représentée, allongée sur son canapé gris, se repose après le spectacle. Elle n’a pas eu le courage d’ôter entièrement ses vêtements. Si la couleur de la peau répond à celle du sofa, le costume fait écho au mur en arrière-plan. Dès ses débuts, le monde du spectacle s’impose à Maurice Brianchon. Le directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché, lui demande en 1922 de créer des costumes pour le ballet Griselidis. Une expérience qu’il renouvellera à plusieurs reprises avec succès. Dans sa peinture également, l’univers du cirque, du théâtre ou du music-hall s’impose. Clowns, acrobates et danseuses deviennent ses sujets de prédilection. Il se place ainsi dans la lignée de Toulouse-Lautrec pour cette thématique très en vogue au début du XXe siècle, tout en conservant un style et une approche très différents de ce dernier, plus en lien avec le raffinement pictural d’un Pierre Bonnard ou d’un Édouard Vuillard. Maurice Brianchon place ainsi sa création dans la continuité de la tradition française tout en lui apportant une modernité, à travers cette opposition de couleurs vives, emplies de sens et d’émotion. Bien que tirées de la vie quotidienne, ses peintures tendent à l’intemporalité. Il a su insuffler à ses scènes toute la poésie mais aussi toute l’organisation esthétique nécessaires pour dépasser leur statut et les transposer dans une autre réalité.

Agenda
Le peintre de la réalité poétique Maurice Brianchon, avec Le Repos, nu costumé (20 000/30 000 €), partagera la tête de cette affiche avec une montre-bracelet Rolex, une « Oyster Perpetual Date Yacht Master » en or (15 000/18 000 €). L'artiste provençal Vincent Courdouan fera également rêver avec une toile orientaliste de 1869, Le Canal de Mahamoudieh (10 000/15 000 €). Après l'avoir été à Gaspar Netscher (1639-1684), un Portrait de jeune garçon en robe bleue est aujourd'hui attribué à un autre peintre néerlandais, Michiel van Musscher (1645-1705), spécialisé dans le genre du portrait et installé à Amsterdam, où son mécène – Jonas Witsen – l'introduisit auprès d'une importante clientèle. On remarquera encore plusieurs bijoux, mais aussi des bronzes animaliers de Patrice Chobriat (né en 1962) dont un Mammouth, attendu à 5 000/6 000 €.  
samedi 22 juin 2019 - 14:00
Toulon - 54, boulevard Georges-Clemenceau - 83000
Hôtel des Ventes de Toulon
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