Passion patrimoine

Le 25 juillet 2019, par Sophie Reyssat

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, l’hôtel Arturo López servira d’écrin à des objets historiques.

Travail viennois vers 1810, piano-girafe à l’effigie de l’empereur Napoléon et de Marie-Louise de Habsbourg, clavier en ivoire fa-fa, 6 octaves, 73 notes, 226,5 111 66 cm.
Estimation : 80 000/120 000 

Pour la troisième année, la maison Aguttes se mettra au diapason de la grand-messe du patrimoine, dont elle respectera jusqu’au thème : les arts et les divertissements. Ce piano-girafe viennois, réalisé vers 1810, sera en effet l’une des attractions de sa dispersion. Arborant les profils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, l’instrument pourrait leur avoir été offert par le prince Charles-Philippe de Schwarzenberg, ambassadeur d’Autriche en France, à l’occasion de leur mariage (80 000/120 000 €). La galerie de portraits se poursuivra brillamment avec l’empereur Alexandre Ier de Russie, immortalisé vers 1801 par l’atelier de Gerhard von Kügelgen (50 000/80 000 €). L’histoire sera également au rendez-vous avec une exceptionnelle maquette du château de Castelnau  à Brouillamnon, dans le Cher , fabriquée vers 1770 : ses murs de papier, dont les détails architecturés sont dessinés à l’encre et à l’aquarelle, se déplient pour retrouver leur élévation naturelle. Il faudra prévoir environ 45 000 € pour cette rareté, à laquelle sera joint un Atlas géométral de la terre et seigneurie du marquisat de Castelnau.

Passion patrimoine

Le 19 septembre 2019, par Sophie Reyssat

Art et histoire sont au programme à Neuilly, où les lots sélectionnés se font l’écho des Journées européennes du patrimoine.

Cher, commune de Plou, vers 1770, maquette tridimensionnelle du château de Castelnau, papier et carton souple, encre et aquarelle, dimensions du plan déplié à plat : 135,5 123 cm, sac-étui de toile, coffret emboîtage moderne.
Estimation : 20 000/30 000 

En mettant en scène un large éventail d’œuvres anciennes dans le bel écrin de l’hôtel Arturo-Lopez de Neuilly, la maison Aguttes joue une nouvelle fois le jeu des Journées européennes du patrimoine. Le premier numéro du catalogue donne le ton, avec un bassin en marbre de Carrare sculpté dans l’Empire romain autour du IIe siècle, faisant défiler des hommes combattant des lions, des fantassins, et bien d’autres personnages derrière une Victoire en quadrige (60 000/80 000 €). De l’Antiquité au XIXe siècle, près de trois cents œuvres évoqueront ainsi les arts, mais aussi l’histoire. En témoigne notamment cette grande maquette à systèmes du château de Castelnau édifié à la Renaissance dans le Berry, remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est exceptionnel qu’elle soit parvenue jusqu’à nous, malgré la fragilité de son papier cartonné. Belle démonstration de savoir-faire, elle constitue à la fois une évocation picturale de l’édifice  chaque détail est dessiné avec soin  et sa représentation en volume. La possibilité de dresser les murs du château  repliés sur le plan  permet en effet de recréer ses élévations d’une manière on ne peut plus réaliste. Une telle vue en trois dimensions pouvait faciliter la mise au point d’un projet, et éventuellement convaincre un commanditaire de son bien-fondé ou servir de référence juridique. Cette maquette a sans doute été exécutée conjointement à un Atlas géométral de la terre et seigneurie du marquisat de Castelnau, daté 1766-1768 (15 000/20 000 €). Ce grand in-plano contenant quarante et une cartes notifie chaque bâtiment, ainsi que le nom de ses habitants. Document de référence pour la gestion du domaine, il permet, qui plus est, de ne pas perdre de vue les redevances dues par ses occupants. 
 

 
Ce piano-girafe s’inscrit pleinement dans le thème des Journées européennes du patrimoine, «les arts et les divertissements». L’instrument viennois (226,5 111 66 cm), réalisé vers 1810, est doté d’un clavier «fa-fa», pouvant jouer soixante-treize notes sur six octaves. Il devrait pourtant créer l’événement pour une autre raison : il arbore les profils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, encadrés par des putti, et pourrait leur avoir été offert en cadeau de mariage par le prince Charles Philippe de Schwarzenberg. L’ambassadeur d’Autriche en France organisa un bal en l’honneur des époux le 1er juillet 1810. Un événement de triste mémoire, endeuillé par un incendie tragique, qui motiva la création du corps des sapeurs-pompiers de Paris.
Estimation : 80 000/120 000 
 
Les arts musicaux seront également mis à l’honneur par ce cabinet (138 85,5 41,5 cm), estampillé par Henry Dasson et daté de 1888 : dans un médaillon rubané entouré de fleurs, un trophée de musique orne son abattant marqueté. L’ébéniste rend ainsi hommage à ses prédécesseurs du XVIIIe siècle, Jean-François Oeben et Jean-Henri Riesener en particulier, qui agrémentaient volontiers d’instruments les meubles destinés aux dignitaires du royaume. Mise au cœur de la vie de cour par Louis XIV, la musique y conserve au règne suivant une place de premier plan grâce à la reine Marie Leszczynska et à la dauphine Marie-Josèphe de Saxe. Musiciennes hors pair, les filles de Louis XV donnent également le la, comme le fera plus tard la harpiste Marie-Antoinette.
Estimation : 20 000/30 000 

 
Parmi dix vases à boire et poires à poudres sculptées dans l’ivoire aux XVIIe et XIXe siècles, huit ont appartenu à Edward C. Moore, un grand collectionneur et un orfèvre émérite, qui exerça ses talents pour la maison Tiffany dès 1868. Façonné en Allemagne du Sud dans la seconde moitié du XVIIe siècle, et attribué
à Johann Georg Kern et Johann Jakob Betzoldt
, ce corps de chope (h. 17,5 cm, poids : 866 g) montre Ferdinand III de Habsbourg en posture de triomphateur. En 1648, l’empereur du Saint-Empire romain germanique avait en effet mis un terme à la guerre de Trente Ans, en signant avec la France le traité de Westphalie. Pax optima rerum ! («la paix est la meilleure des choses»).
Estimation : 15 000/18 000 
 
Ferdinand Duvinage (1813-1874) a travaillé l’ivoire d’une manière novatrice, brevetée en 1877 : des plaques du précieux matériau, cloisonnées par des filets de métal et fixées sur un panneau de bois, servent de fond à ses sujets naturalistes réalisés par des incrustations de bois précieux, parfois rehaussés de perles, de pierres précieuses ou de nacre. Des essences exotiques dessinent ainsi le coq de ce plateau élaboré sur une base d’acajou (8,5 83 55 cm). Véritables tableaux puisant leur inspiration en Extrême-Orient, les «mosaïques» signées Duvinage ont agrémenté les plus luxueux objets, mais également le mobilier.
Estimation : 15 000/20 000 
lundi 23 septembre 2019 - 16:00 - Live
Neuilly-sur-Seine - Hôtel Arturo Lopez - 12, rue du Centre - 92200
Aguttes
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