Épouse de Rubens

Le 11 juin 2020, par Sophie Reyssat

Une œuvre inédite de l’entourage du de Rubens est un des fleurons de cette dispersion de tableaux anciens.

Atelier de Pierre-Paul Rubens (1577-1640), Étude de femme assise, huile sur toile, 87 56 cm.
Estimation : 25 000/30 000 

Provenant d’une ancienne collection privée du sud de la France, cette toile inédite, probablement vendue lors de la dispersion après décès de l’atelier de Rubens, en 1640, trouve son écho dans une esquisse du même sujet en pied, réalisée vers 1630 selon la marque du fabricant de panneaux Guilliam Gabron (24,5 19 cm, 2 500/3 000 €). Les traits du modèle ressemblent à ceux d’Hélène Fourment, que Rubens a épousée cette année-là. Elle aurait posé pour les élèves de son atelier, dans une attitude similaire à celle de la Vierge de la Sainte Famille avec sainte Élisabeth et saint Jean-Baptiste, conservée à l’Art Institute de Chicago. Il ne manque plus que le petit Jésus sur les genoux de sa mère. On retrouve également dans cette œuvre le bleu lumineux de la manche et la coiffure. La bande claire descendant le long du visage peut s’apparenter au voile de Marie. Une autre effigie sera remarquée, qui illustrera le talent de portraitiste de Jean-François de Troy. Sous les traits de Vénus désarmant Cupidon (134,5 97,5 cm, 20 000/30 000 €), l’artiste représente en effet bien plus une élégante de son temps qu’une déesse idéalisée. Cette allégorie de l’amour sied à merveille à l’époque de la Régence, qui célèbre à l’envi le charme féminin. Ce tableau récemment réapparu, sans doute réalisé vers 1715-1720, est à rapprocher de Vénus et l’Amour piqué par une abeille, conservé au musée des beaux-arts d’Angers. On retrouve dans ces œuvres la même virtuosité des drapés ondoyants, ainsi que la posture du bras retenant l’enfant turbulent. La psychologie des modèles se lit également dans les effigies d’un rabbin et d’un homme au béret, peints dans l’atelier de Rembrandt (respectivement 71 56 cm et 66 51 cm, autour de 17 500 et 13 500 €). Ils ont appartenu au mathématicien et astronome viennois Eduard Mahler, passionné par la notion de temps et féru d’histoire. Sa collection, née à la fin du XIXe siècle, a suivi sa famille en exil au Brésil, et ces deux tableaux sont aujourd’hui en possession de l’arrière-petite-nièce du professeur.

Agenda

Le jeudi 18, 76 lots déclineront la peinture, du XIVe au XIXe siècle. Sainte Barbara, peinte a tempera et or sur bois par un artiste de l’école de Sienne (8 000/10 000 €), ouvrira en effet un programme qui s’achèvera avec un Visage d’ange ébauché par William Bouguerau, sans doute entre 1900 et 1902 (15 000/20 000 €). D’autre effigies retiendront l’attention, de la femme pensive présumée être Hélène Fourment, l’épouse de Rubens peinte par son atelier (autour de 27 500 €), aux petits indigents représentés par Nicolas Bernard Lépicié dans deux panneaux attendus autour de 23 500 €. À côté des portraits et des scènes de personnages, bien représentés, Giuseppe Ruoppolo se distinguera avec une nature morte aux raisins, sa spécialité. Les grains juteux, placés auprès de pommes, revêtent une symbolique chrétienne (20 000/30 000 €).

jeudi 18 juin 2020 - 14:30 - Live
Aguttes Neuilly - 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200
Aguttes
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne