Claudius Linossier multiplié par huit

Le 07 janvier 2021, par Caroline Legrand

Provenant de la succession O., un bel ensemble de vases en dinanderie de Claudius Linossier nous rappelle la place prépondérante de Lyon dans la révolution art déco.

Claudius Linossier (1893-1953), vase cornet à large col corolle, à décor « Spirales, damiers, carrés et réserves verticales », vers 1923-1924, épreuve en dinanderie de cuivre montée au marteau, h. 24,5 cm.
Estimation : 8 000/12 000 

D’un vase cornet de douze centimètres de hauteur très légèrement méplat à large col oblong en dinanderie de maillechort montée au marteau, ponctué de lignes brisées (800/1 200 €), à ce grand modèle de 24,5 cm à l’impressionnant décor de « Spirales, damiers, carrés et réserves verticales » (8 000/12 000 €), en passant par un exemplaire ovoïde de 1924 au décor dit « africaniste » (5 000/8 000 €)… Un intéressant panel des créations de Claudius Linossier sera à portée d’enchères lors de cette vente lyonnaise. L’artiste est devenu l’une des gloires locales de la cité des Gaules, le héraut de la période faste qui a vu naître l’art déco. Né dans le quartier de la Croix-Rousse d’un père tisseur, Linossier a rapidement orienté sa carrière vers le travail du métal. Il fait son apprentissage auprès de Berger-Nesme, dans le Vieux-Lyon, avant d’effectuer plusieurs séjours dans la capitale, où il travaillera chez Cardeilhac et fera un stage chez Jean Dunand. De 1920 à 1950, Linossier crée à Lyon, exposant au Salon des artistes décorateurs, dans des galeries comme celles de Devambez et de Ruhlmann, et bien sûr lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Si l’on vante sa technique du martelage, soulignons aussi la modernité de ses décors géométriques et stylisés, sous l’influence des antiquités orientales, valorisés par de belles patines, notamment rouges et noires.

Agenda
L'art nouveau et l'art déco marqueront les temps forts du 17 janvier avec la présence de huit vases en dinanderie de Claudius Linossier (entre 800 et 12 000 €. Voir Gazette n°1 page 94), mais aussi d'un vase fuselé sur piédouche et à col soliflore d'Émile Gallé (1846-1904), daté vers 1898-1900 et intitulé L'Étang, à décor tournant sur fond vert tendre parcouru d'inclusions polychromes en nuées et de particules métalliques (5 000/8 000 €). Ces lots proviennent de la succession O. à Lyon, tout comme une lampe champignon des établissements Gallé, Jasmin étoilé, en verre multicouche et à décor tournant bleu et indigo sur fond jaune nuancé de bleu (4 000/6 000 €), et une sculpture formant vide-poche en bronze doré de Georges Flamand (1862-1940), Ondine, issue d'une fonte ancienne puisque réalisée vers 1900 (1 200/1 500 €). 
dimanche 17 janvier 2021 - 02:15 - Live
Lyon - 6, rue Marcel-Rivière - 69002
Bremens - Belleville
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