L’art déco au galop

Le 03 juin 2020, par Caroline Legrand

Aux côtés de Demeter Chiparus, Maurice Guiraud-Rivière ou Ferdinand Preiss, Claire Colinet s’est imposée comme une sculptrice majeure de son époque avec ses œuvres chryséléphantines, typiques de l’art de l’entre-deux-guerres.

Claire Colinet (1880-1950), Valkyrie à cheval, bronze doré et patiné, ivoire, base en marbre, signé sur la terrasse «Cl. Colinet», fonte ancienne, 47 40 17 cm.
Estimation : 13 000/18 000 

C’était le dernier chic. Avoir une sculpture chryséléphantine trônant sur la cheminée ou sur un guéridon constituait l’acmé de la mode à l’époque art déco. Cette période reconnue pour avoir hissé haut les arts décoratifs a aussi fait renaître de nombreuses techniques ancestrales, dont ce savant mélange de bronze et de métal. Les Égyptiens l’utilisaient déjà, mais ce sont surtout les Grecs qui mirent cette pratique à l’honneur, notamment avec la célèbre statue d’Athéna Parthénos placée à l’intérieur du Parthénon, à Athènes, ou celle de Zeus sur le site d’Olympie, œuvre de Phidias qui faisait partie des Sept Merveilles du monde antique. Les siècles ont passé, et les usages ont évolué. On utilise désormais l’ivoire de morse, les fontes se sont perfectionnées et s’allient à des incrustations et autres patines colorées. Si Claire Colinet a plutôt donné sa préférence à des danseuses, jongleurs ou artistes, elle nous propose ici une impressionnante Valkyrie. Cette œuvre d’une belle dramaturgie ne laissera pas indifférents les amateurs du travail de l’artiste d’origine belge, qui étudia auprès de Jef Lambeaux avant de s’installer à Paris, en 1910, et de recevoir dès 1914 une médaille «honorable» au Salon des artistes français. Le début d’une belle carrière.

Agenda
La section sculpture sera particulièrement bien garnie. La variété y sera de mise en proposant au plus haut un sujet en fonte de fer de parc de château, de Charles Théodore Perron, Sanglier attaqué par un chien, fin XIXe-début XXe et sorti probablement de la fonderie du Val d'Osne (50 000/60 000 €). L'accompagneront un important groupe en bronze à sujet d'Enfant au chien, une poupée à ses pieds, de Francesco Barzaghi en 1870 (17 000/19 000 €), ou encore une Lionne à l'affût signée Guyot, à envisager à 25 000/28 000 €. Le mobilier ancien rivalisera avec d'importants modèles du XVIIIe siècle, et en particulier une commode Transition en marqueterie de bois de placage dessinant fleurs et entrelacs, portant l'estampille RVLC et prisée 35 000/40 000 €. Signalons enfin pour les objets d'art une paire de coffrets d'époque Louis XIV, ces derniers ornés d'une marqueterie Boulle, en écaille de tortue rouge et laiton doré, d'un décor à la Berain (8 000/9 000 €).  
dimanche 07 juin 2020 - 14:00 - Live
Chantilly - 4, avenue Bourbon - 60500
Hôtel des Ventes de Chantilly Oise enchères
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