Un mystérieux Primitif valencien

Le 22 octobre 2020, par Agathe Albi-Gervy

Issue de la collection de l’historien don Manuel González Martí, cette Adoration des Mages témoigne des derniers feux du gothique international dans les ateliers valenciens du XVe siècle.

École valencienne du XVe siècle, Adoración de los pastores (Adoration des Mages), tempera, huile et feuille d’or sur panneau, 96 60 cm (avec cadre : 112 70 cm).
Estimation : 40 000 

Ce panneau provient directement de la collection de don Manuel González Martí (1877-1972), un grand érudit valencien. Membre de l’équipe des fouilles archéologiques de Paterna en 1907, professeur puis directeur de l’École de céramique de Manises, il se trouve également à la tête du musée des beaux-arts de Valence dans les années 1940. En 1946, au décès de son épouse, il décide de donner leur collection de céramiques à l’État espagnol, lequel crée, pour la conserver, le musée national de la Céramique dans le somptueux palais baroque du marquis de Dos Aguas. Une fois sa restauration achevée, en 1954, la collection y est définitivement installée et l’érudit en devient le directeur. À côté des céramiques, on peut voir des peintures, toiles religieuses et portraits du XVIIe siècle, lesquelles, au contraire de la présente Adoration des Mages, n’ont pu demeurer dans sa famille jusqu’à ce jour. González Martí avait mené ses propres recherches visant à découvrir l’identité de son auteur, qu’il a finalement reconnu comme étant le peintre Valentí Montoliu, documenté en Catalogne de 1433 à 1469. Figurant parmi les derniers représentants du gothique international, il subit l’influence de Bernat Martorell mais s’en distingue par l’ampleur qu’il donne à ses vêtements aux plis cassés et aux détails des accessoires. Ce sont précisément les détails qui ont déclenché chez l’historien valencien cette identification : le brocart porté par la Vierge, la soutane rouge flamboyante de saint Joseph, ou encore la scène dans le paysage en arrière-plan. La maison de ventes Fernando Durán décèle, de son côté, des similitudes avec l’œuvre de Joan Reixach, autre maître du gothique international, actif à Valence entre 1431 et 1482 : la manière de placer l’Enfant Jésus sur le sol avec ce type d’auréole, son regard tourné vers la Vierge agenouillée, les mains jointes en prière… Autant d’éléments d’influence flamande auxquels le grand Reixach a accoutumé les spectateurs.

mercredi 28 octobre 2020 - 18:00
Madrid - Conde de Aranda, 23 y Velazquez - 28001
Fernando Durán
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