Collection Gilles Labrosse

Le 16 septembre 2020, par Caroline Legrand

Paul Poiret sera l’une des nombreuses griffes célèbres présentes dans la dispersion de la collection du photographe passionné de mode et de son histoire.

Paul Poiret (1879-1944), robe du soir en sequins et perles brodées, vers 1921-1922, robe droite ample fendue sur les côtés, doublure en pongé de soie noir, au dos de la griffe bolduc manuscrit indiquant « 40330 Théâtre des Arts W… Slaska ».
Estimation : 9 000/13 000 €


En partie prêtées lors de nombreuses expositions de par le monde, exposées dans son musée de la Mode retrouvée jusqu’en 2008 et la mort de son compagnon Éric Girardon, à Digoin en Saône-et-Loire, Gilles Labrosse (1952-2019). Durant ces deux jours de vente, elle retraceront l’histoire de la mode vestimentaire française de 1700 à 1968, des robes d’apparat du XVIIIe siècle aux créations des grands couturiers du XXe siècle, en passant par les crinolines du second Empire (voir Gazette n° 29, page 12). Des tenues accompagnées bien sûr de leurs indispensables accessoires, chaussures, coiffes, rubans, fichus ou gilets… Aux côtés de Jeanne Lanvin, Mariano Fortuny, Madeleine Vionnet, Christian Dior, Pierre Balmain ou Gabrielle Chanel figurera Paul Poiret avec cette rare robe du soir en sequins noirs, perles brodées de verre et perles tubulaires violets, rouges, jaunes et verts, à motifs de roses stylisées de type Raoul Dufy, réalisée vers 1921-1922 pour l’atelier Martine. Un bel exemple du travail de ce couturier téméraire qui aura révolutionné la mode avec la volonté de libérer la femme des entraves passées — tels les corsets qu’il remplace par des robes taille haute — mais aussi renouvelé sa discipline. Pour cela, il n’hésite pas à collaborer avec des artistes d’autres domaines, comme les peintres Raoul Dufy ou André Marty, ni à s’inspirer de ses voyages en Orient, Russie ou Afrique du Nord. Il œuvre d’ailleurs beaucoup pour le monde du spectacle, qui lui permet toutes les audaces. De nombreuses fois, ses créations feront scandale, comme la fameuse jupe-culotte ou les tissus imprimés inventés avec Dufy à partir de 1911 dans leur atelier nommé « La petite usine ». Quant à lui, l’atelier Martine, du nom de la fille cadette de Paul Poiret, fabrique puis vend les tissus, tapis, papiers peints ou céramiques à partir de dessins floraux créés par des artistes, mais aussi par des jeunes filles apprenant le métier dans la très avant-gardiste école Martine, fondée par le couturier – encore une fois précurseur.

mercredi 23 septembre 2020
Moulins - espace Villars, rue du Pont-Chinard - 03000
Enchères Sadde
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