Scagliola florentine de la fin du XVIIe siècle

Le 13 janvier 2021, par Claire Papon
C’est sur un plateau de table en scagliola – poudre de marbres colorés – sur fond d’ardoise, probablement réalisé par un atelier florentin à la fin du XVIIe, que se déploie cet arbre généalogique.
Tableau à plateau à décor de scagliola sur fond d’ardoise, le centre orné de l’arbre généalogique de Claude II de Saint-Georges. Atelier florentin (?) fin XVIIe pour le plateau, piétement en bois tourné et noirci ancien, 138 98 cm (plateau), h. 74 cm (piétement).
Estimation : 15 000/25 000 
Deux chardonnerets, symbole de la passion du Christ, voisinent avec un pied de jasmin, fleur dédiée à la Vierge car il fleurit en mai et que la couleur blanche évoque la pureté immaculée. Son commanditaire ? Claude II de Saint-Georges (1634-1714), évêque de Macon, de Clermont et de Tours, dont les armes sont entourées du chapeau et de la crosse d’évêque. Exécuté à l’occasion de sa nomination à l’archevêché de Lyon, pour son château de Montceaux-l’Étoile, en Charolais, le meuble est demeuré dans la famille. Claudine de Saint-Georges, nièce de Claude II, le reçoit lors de son mariage, en 1764, avec le marquis Abel Claude Marie Marthe de Vichy (1740-1793).
À la tête d’une fortune considérable – 
employée notamment à l’entretien d’une superbe ménagerie dans les communs du château de Montceaux, ainsi que d’une serre chaude, où il cultive arbres et plantes exotiques, ou encore à la constitution d’une riche bibliothèque, le marquis fait construire une tour. Seul vestige de l’édifice visible aujourd’hui – abritant un laboratoire de chimie et un observatoire –, dans laquelle dit-on il recevait un certain Joseph Balsamo, plus connu sous le nom de Cagliostro, pour lequel il se ruinera. Fuyant la Révolution, il émigre avec ses deux fils avant de revenir en France pour épauler l’armée contre-révolutionnaire, se bat au siège de Lyon, est capturé et fusillé en octobre 1793. Autant dire que notre table a pu être le témoin silencieux d’épisodes mémorables…

 
 
Panorama (avant-vente)

De la Terre à la Lune

Le 14 janvier 2021, par Claire Papon

Inconnu jusqu’à maintenant, ce chef-d’œuvre de mécanique horlogère et astronomique prend le chemin des enchères mardi 19, salle 5-6 à Drouot, sous le marteau de Coutau-Bégarie (M. Randier, expert). Curieuse machine que ce globe (h. 56,5 cm) comportant un cercle équatorial gradué composé de deux hémisphères en cuivre et papier vert, tournant autour de son axe. La Terre côtoie la Lune, animée de son mouvement journalier, le Soleil en revanche ayant disparu. Un détail contrariant qui ne devrait pas empêcher cet objet – l’un des très rares exemplaires connus –, exhumé de la cave d’un hôtel particulier du 16e arrondissement, de dépasser son estimation de 15 000/20 000 €. Si les papiers habillant le globe ont été changés en 1800, l’armature et son mécanisme sont millésimés 1731. Son inventeur ? Le Franc-Comtois Réginald Outhier, reçu à l’Académie des sciences en 1731 et correspondant de Jacques Cassini.

Agenda
La vacation du matin s'adresse aux amateurs de correspondances et comprend notamment un ensemble sur Émile Zola et les Rougon-Macquart adressé au juriste et ami des écrivains naturalistes, Gabriel Thyébaut (1854-1922) pour lequel 3 000/4 000 € sont demandés. On poursuit avec des faïences de Samadet et des groupes en biscuit. L'après-midi, chronologie oblige, débute avec de l'archéologie et des sculptures dans le goût antique. On surveillera ensuite un rare étui en veau doré aux petits fers contenant un ciseau et trois lancettes de chirurgien (travail parisien vers 1630-1650, 4 000/5 000 €), une tapisserie exécutée à Enghien dans les Flandres vers 1600 faisant partie de la tenture des Combats d'animaux et ayant fait partie des collections des comtes de Villechaize (20 000/30 000 €), et une table à plateau de scagliole fin XVIIe (15 000/25 000 €). Œuvre du savant et ecclésiastique franc-comtois l'abbé Reginald Outhier, un globe céleste offert à Louis XV devrait dépasser son estimation de 15 000/20 000 €. Enfin, si Jean-Baptiste Pater met en scène Un campement (panneau) pour lequel 20 000/30 000 € sont demandés, un coffre de voyage en laque du Japon et vernis européen montre la vogue pour ce type d'objet à la fin du XVIIe (15 000/20 000 €). Les amateurs de provenance tenteront leur chance sur une table de salon en chiffonnière marquetée et enrichie de bronzes dorés, réalisée au milieu du XIXe d'après un modèle de Martin Carlin un siècle plus tôt pour la princesse royale d'Angleterre, Victoria (1840-1901). Son estimation ? 25 000/30 000 €. Dans un tout autre genre, plus curieux qu'esthétique, un bas-relief en fonte de fer de Berlin daté 1825, figurant La Cène d'après le tableau de Léonard de Vinci, est annoncé entre 12 000 et 15 000 €.
mardi 19 janvier 2021 - 11:00 - Live
Salle 5-6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne