Escher, une nouvelle dimension

Le 27 février 2020, par Sophie Reyssat

Les visions artistiques de Mauris Cornelis Escher transforment le réel en monde parallèle.

Mauris Cornelis Escher (1898-1972), Chute d’eau, 1961, lithographie sur simili japon (?), signée, numérotée 48/70, encadrée, sujet : 29,8 38 cm, feuillet : 53 41 cm.
Estimation : 5 000/7 000 

Tsuguharu Foujita et Jean Dunand comptent parmi les grands noms de cette dispersion, le premier avec une Femme à l’enfant et au chat dessinée en 1950 (18 000/25 000 €), et le second notamment grâce à deux paravents provenant de la famille du dinandier (10 000/15 000 € chacun). Intéressons-nous pourtant à un artiste plus rarement évoqué, Mauris Cornelis Escher. De prime abord, tout semble normal dans sa composition sur fond de montagne cultivée en terrasses, auxquelles répondent des maisons étagées. Sur un toit, une femme étend son linge, face à un moulin tout ce qu’il y a de plus banal. En contrebas, pourtant, les plantes ont quelque chose d’extraordinaire. Mais la plus grande anomalie réside dans le circuit de l’eau, qu’une architecture impossible entraîne dans un mouvement cyclique défiant la gravité. Escher s’appuie sur les lois de la perspective pour distordre les perceptions, multipliant les points de vue en combinant des éléments similaires dont il change les orientations. Ces imbrications et ces oppositions créent autant d’illusions d’optique. Deux autres lithographies illustreront les trucages de l’artiste ce samedi : un Belvédère de 1958 (5 000/7 000 €) et Un autre monde de 1947 (2 000/3 000 €). Cette chute d’eau qui ne tient pas debout se pare cependant d’une malice supplémentaire, le père du graveur néerlandais ayant fait carrière au ministère de l’Eau, grâce à ses compétences d’ingénieur hydraulique. Parfaitement scientifiques, les figures géométriques complexes couronnant l’architecture font quant à elles écho à l’intérêt de l’artiste pour la cristallographie. Un sujet étudié par son frère Berend, professeur de géologie devenu recteur de l’université de Leiden. Dans ses œuvres, Escher est parvenu à combiner sa passion pour la rigueur – manifeste dès ses premiers paysages réalisés à ses débuts en Italie –, sa fascination pour les effets répétitifs découverts avec les mosaïques de l’Alhambra de Grenade et l’art de la métamorphose.

Agenda

Dessinée à l’encre de Chine et lavis d’encre sur papier par Foujita, une Femme à l’enfant et au chat (18 000/25 000 €) présidera à cette dispersion sur le thème du XXe siècle, elle permettra également de se faire plaisir à partir d’une centaine d’euros en jetant son dévolu sur un profil féminin titré Ann, immortalisé par un bois sur vélin de Valtat. Les Cactus sur Isorel de Bibi Zogbe feront l’effet d’une jungle pour un orang-outang de bronze suspendu à une branche par Guyot (environ 11 000 € chacun). Le mobilier se fera décor, des paravents de Jean Dunand proposés autour de 12 500 €, à la paire de fauteuils « Sansevieria » créés par Hubert Le Gall en 1996, à l’imitation de pots de fleurs (4 000/5 000 €). Pour plus de sobriété, il faudra revenir aux années 1950 avec trois fauteuils à dossiers inclinables d’André Renou et Jean-Pierre Génisset, conçus en contreplaqué courbé et en chêne, et sanglés de simili cuir rouge (environ 3 500 €).

samedi 29 février 2020 - 14:00 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
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