Salomon Van Ruysdael : naissance du paysage hollandais

Le 16 septembre 2020, par Claire Papon

C’est tout le génie de Salomon Van Ruysdael qui s’exprime dans ce panneau exécuté vers 1640 : une sensation de panorama aérien malgré de petites dimensions. 

Salomon Van Ruysdael (vers 1600/1603-1670), Voilier au large, panneau de chêne, 18 24 cm.
Estimation : 40 000/60 000 


Ce tableau, remarquable par son état de conservation, est à rapprocher d’autres petits formats de l’époque représentant des estuaires, dont une Marine conservée au Metropolitan Museum de New York. Né à Naarden, membre de la guilde de Haarlem en 1626, Salomon Van Ruysdael est avec son contemporain le Leydois Jacob Van Goyen à l’origine d’un nouveau genre : celui du paysage hollandais. L’œil du spectateur se promène, ou se perd, sur la ligne d’horizon fantomatique ponctuée d’un moulin, de quelques maisons, de la fumée d’une cheminée. Le premier plan, plus foncé, avec des traits rapides et scintillants de vaguelettes, rehausse la profondeur de la composition, tandis qu’une bande d’eau argentée éclairée par les nuages fait transition avec la palette harmonieuse de gris et de bleu dans le ciel, interrompue par le rouge du drapeau hollandais. Seule ligne verticale, un voilier qui transporte des marchandises et peut-être des passagers entre les villes, sur les voies navigables intérieures, ou sert de bac entre les deux rives. Quelques embarcations et de rares mouettes soulignent du bout du pinceau la virtuosité de l’artiste. S’il en était besoin… Autre atout : le cachet de la collection Charles Sedelmeyer (1837-1925), marchand d’art viennois installé à Paris, rue de La Rochefoucauld, dans la galerie duquel furent vendus en 1893 L’Angélus de Jean-François Millet, pour la somme de 553 000 F, mais aussi de nombreux tableaux anciens et des œuvres des peintres hollandais.

Panorama (avant-vente)

En piste


La fourchette d’estimation est large comme le fut certainement sa foulée… Annoncée entre 5 000 et 10 000 €, cette épreuve en bronze grandeur nature (h. 250 cm) du trotteur Ourasi et portant le nom de son commanditaire, Pierre Fiorenza, constitue le dernier lot de la dispersion de Pescheteau-Badin, mardi 22, salle 5-6 à Drouot. L’œuvre fut commandée au sculpteur thaïlandais Surasak Srinart, avant d’être réalisée dans une fonderie de Bangkok avec l’aide d’Hubert de Watrigant, peintre, dessinateur et sculpteur spécialiste des chevaux, né (en 1954) dans une famille appartenant au monde hippique. Son flegme et sa nonchalance avaient valu à Ourasi (1980-2013), l’un des meilleurs trotteurs de l’histoire, le surnom de «Roi fainéant».

Agenda
Probablement un peu petite pour transporter tableaux et meubles, on mentionnera toutefois la dispersion d'une microcar Messerschmitt Kabinenroller de 1956 provenant d'une succession et dont il faudra prévoir 8 000/12 000 €. La plus belle bataille d'enchères – 40 000/60 000 € – est prévue sur un panneau de Salomon Van Ruysdael des années 1640, Voilier au large. 4 000/6 000 € sont espérés d'une Vue du port des Anglais du Bichi, à Malte sur sa toile d'origine d'Alberto Pullicino (XVIIIe), 8 000/12 000 € d'une scène de Marché ou La Foire au joueur de musette (panneau) de Jean-Louis Demarne, particulièrement animée et séduisante par sa profonde perspective, 10 000/15 000 € d'une paire de toiles de Jean-Baptiste François Génillon, Vue du Pont-Neuf depuis les quais de Seine et Vue du Louvre depuis le quai de la Rive gauche, intéressante en ce qu'elle montre le musée en travaux. Deux eaux-fortes de Pierre Soulages, de 1973 et 1972 (épreuves d'artiste), sont estimées 5 000/7 000 € et 8 000/10 000 €. Classiques, les porcelaines, les objets d'art et le mobilier cèdent la conclusion de l'après-midi à un bronze grandeur nature représentant le champion de trot Ourasi (5 000/10 000 €).
mardi 22 septembre 2020 - 14:00 - Live
Salle 5-6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Pescheteau-Badin
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