Une abeille dans un magasin de porcelaine

Le 10 octobre 2019, par Claire Papon

Rareté et originalité : deux atouts de taille pour cet objet en pâte tendre de Sèvres en forme de ruche.

Sèvres, vers 1770. Vase couvert en porcelaine tendre nommé «vase ruche», à décor en relief d’osier tressé, h. 30 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Inutile de chercher à quoi sert ce vase… Avec sa base ajourée, il semblerait qu’il soit purement décoratif. Une œuvre d’art originelle, en quelque sorte. L’expert de la vente, Cyrille Froissart, s’interroge sur un éventuel pot-pourri pour lequel une éponge imbibée de senteurs serait nécessaire. Très peu de modèles de ce type ont été produits par la manufacture royale française, la mention de «vase ruche» apparaissant pour la première fois dans l’inventaire du stock de janvier 1769. Quatre ruches sortent du four avec succès en avril de cette même année. Une première paire est vendue en décembre (au prix de 240 livres le vase) à César-Gabriel de Choiseul (1712-1785), duc de Praslin, secrétaire d’État aux Affaires étrangères puis à la Marine (1766-1770), propriétaire du château de Vaux-Praslin, actuel Vaux-le-Vicomte. Une seconde paire est achetée (120 livres l’unité) par une certaine madame Luillier, le 7 août 1775. Ce sont les deux paires identifiées de vases ruche en pâte tendre blanche et or, reposant sur une base carrée ; aujourd’hui, l’une est conservée au musée Fitzwilliam de Cambridge, l’autre appartient à une collection privée française. Notre vase provient d’une succession, et a probablement fait partie de la collection Alfred Wenz comme l’indique une étiquette. Plus que le travail de peinture et de dorure (relativement modeste), c’est le modelage qui constitue une prouesse, reprenant les ruches en osier, ajourées à la base. Achat d’un amateur éclairé ou préemption (du musée de Sèvres ?), l’objet pourrait susciter plus que des bourdonnements…

Agenda
La fourchette d'estimations est large, 20 000/40 000 €, à retenir d'un profil féminin à l'aquarelle et l'encre de Chine de Kees Van Dongen, Le Rimmel. Trois vues des boucles de la Seine d'Albert Lebourg l'accompagnent dont une Vue de Dieppedalle, aux environs de Rouen pour laquelle 15 000/20 000 € sont demandés. Vincennes et Sèvres se taillent la part du lion dans les vitrines de porcelaines. Parmi les raretés, les amateurs surveilleront deux seaux à verre forme du Roy en pâte tendre (Vincennes), à décor polychrome d'oiseaux sur terrasse (10 000/12 000 €), deux gobelets "à la reine" de même facture, vers 1753, mais dont les volatiles se détachent dans des cartouches sur fond bleu lapis (10 000/15 000 € chaque), un seau à liqueur ovale de Sèvres (Sèvres également), daté 1757, à décor polychrome de bouquets de fleurs sur fond vert (15 000/20 000 €). Des faïences prennent le relais dont une plaque de Niderviller, XVIIIe, décorée en camaïeu pourpre d'un paysage avec fleuve et ville fortifiée (4 000/6 000 €) et un ensemble de statuettes de cette manufacture de l'est de la France (est. 500 à 1 500 €). Des bronzes, des pendules et du mobilier XVIIIe ponctuent la fin de séance.
vendredi 18 octobre 2019 - 14:15 - Live
Salle 1 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Doutrebente
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