Rigaud, Girardon et Duchange

Le 10 juin 2021, par Sophie Reyssat

À lui seul, ce portrait à la pierre noire évoque trois des meilleurs artistes au service de Louis XIV.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Ajustement du portrait du sculpteur François  Girardon (1628-1715) en vue de la gravure, vers 1706-1707, pierre noire, rehauts de  craie blanche, 33,6 24,6 cm.
Estimation : 8 000/12 000 

Le plus grand portraitiste du Roi-Soleil, Hyacinthe Rigaud, auquel le château de Versailles consacre une exposition monographique jusqu’au 13 juin, immortalise ici le premier sculpteur de Louis XIV, François Girardon. Ce dessin correspond à son tableau peint en 1705-1706, aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Dijon, et qui succède à un premier portrait exécuté seize ans plus tôt. Il s’agit d’une œuvre préparatoire à la gravure, comme en témoignent les traces de mise au carreau, et les lignes repassées au stylet en vue d’un report sur une plaque de cuivre. Le graveur Gaspard Duchange avait en effet choisi de faire la démonstration de son talent devant l’Académie en réalisant une estampe de cette œuvre, adaptée pour l’occasion. Le buste de Girardon se trouve ainsi mis en valeur dans l’encadrement ovale d’une architecture, dont la rigueur est compensée par le faste d’un imposant drapé traversant la composition. Des détails du costume n’ont pas été repris, pas plus que les boutons et les broderies d’or bordant l’habit ni les franges de la cravate. Entre ce dessin et la gravure, les instruments du sculpteur, ici visibles dans l’angle inférieur droit de la feuille, ont également disparu. Le résultat fut à la hauteur des espérances de Duchange, la délicatesse de son travail du burin, une technique délicate à maîtriser et longue à mettre en œuvre, lui permit d’être reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1707. Ultérieurement, Portalis qualifiera ce morceau de réception de «lumineusement et largement traité».

Agenda

Les dessins ouvrent les enchères avec un ambassadeur de choix, Hyacinthe Rigaud, dont une feuille de 1706-1707, ajustement du portrait de François Girardon en vue de la gravure, sera proposée autour de 10 000 €. Les tableaux prendront le relais en musique avec le Concert champêtre de Jan Sebastien Loybos, actif à Anvers à la fin du XVIIe siècle (4 000/6 000 €), tandis qu’une rare icône grecque de la Mise au tombeau de la Vierge Marie, remontant au XVIIe ou au XVIIIe siècle, est attendue autour de 1 750 €. Une pendule lyre du XIXe siècle en bronze doré, dont le cadran porté par des pieds biches est surmonté par une cassolette et des guirlandes feuillagées, comptera les heures sur son cadran de Chopin (2 000/2 500 €). Une section chasse et militaria sera emmenée par Nicolas Ier, dont le portrait peint vers 1829 est à rapprocher des œuvres de Vassili Golike et George Dawe (800/1 200 €).

samedi 12 juin 2021 - 14:00 - Live
Voz'Galerie - 41, rue de l'Est - 92100
Boulogne enchères
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