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D’ébène et de bronze par Montigny

Le 19 mars 2020, par Claire Papon

Parfois estampillé de René Dubois, ce type de bureau dénommé «à la grecque» est caractéristique des œuvres de Philippe Claude Montigny et a vu le jour au début du règne de Louis XVI.

D’ébène et de bronze par Montigny
Philippe Claude Montigny. Bureau plat «à la grecque» en placage d’ébène, bois noirci et laiton, 73 130 65 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Notre meuble comporte plusieurs numéros d’inventaire à l’encre et s’inscrit dans la production de cet ébéniste parisien – fils d’un ouvrier privilégié du roi, Louis Montigny, dont il reprend l’atelier près de la Bastille. Des meubles, toujours unis et disposés en grandes surfaces, plaqués d’ébène, destiné à mettre en valeur des décors de bronze. Celui-ci est associé ici au laiton, utilisé ici pour souligner notamment les trois tiroirs en ceinture dont l’un à secret. Le décor s’inspire avant tout de l’antique mais il reste léger et souple. Rais-de-cœur, rosaces, entrelacs, feuilles d’eau… composent son vocabulaire, et contrastent avec le bois sombre et la silhouette architecturale. Ces bureaux, de différentes tailles, furent livrés dès 1765 par le marchand mercier, notamment auprès du comte de Coventry. Né à l’époque Louis XIV, le bureau plat connaît un succès qui ne se démentira pas. D’abord rectangulaire jusque sous la Régence, il devient sinueux sous Louis XV, avant de reprendre sa forme géométrique sous Louis XVI et à l’époque Empire. En 1756, le financier Lalive de Jully commande à l’architecte Le Lorrain un bureau qui tient de l’Antiquité par sa structure monumentale, et du XVIIe par sa technique inspirée de l’ébénisterie d’André-Charles Boulle, première manifestation du style «à la grecque», qui triomphe de 1755 à 1765.

Jusepe Ribera, peintre et mathématicien…

Le 11 juin 2020, par Claire Papon

Annoncée pour le 27 mars dernier cette toile inédite de l’artiste espagnol a fait l’objet de nouvelles recherches durant le confinement (voir l'article Le Ribera de Daguerre de la Gazette n° 2, page 8).

Jusepe Ribera, peintre et mathématicien…
Jusepe de Ribera (1591-1652), Un philosophe : l’heureux géomètre, huile sur toile, 100 75,5 cm.
Estimation : 200 000/300 000 €

Rappelons que Jusepe Ribera n’a qu’une vingtaine d’années quand il exécute ce tableau, et qu’il n’est pas encore connu comme le grand maître de Naples – ville qui constitue l’un des plus importants foyers artistiques du XVIIe siècle. C’est à Rome, au début des années 1610, qu’il peint cette allégorie singulière du savoir. «Cette période romaine est au cœur des dernières recherches sur l’artiste», explique l’expert Éric Turquin. Celui qui est surnommé l’Espagnolet – en raison de sa petite taille – livre ici l’une de ses figures les plus truculentes et les plus surprenantes, que l’on retrouve toutefois dans six tableaux exécutés lors de son séjour dans la Ville éternelle. Le vieillard disgracieux et misérable est représenté à mi-corps dans un savant clair-obscur qui fait écho au Caravage. Rien d’étonnant, quand on sait que les deux peintres sont installés à Rome au début du XVIIe siècle, sans que l’on sache s’ils se sont fréquentés. Notre portrait rappelle aussi la série de douze apôtres, ou Apostolado, dont il obtient la commande dans les années 1610. «Chacune de ces toiles représente un personnage à mi-corps, le format choisi, d’environ 1 mètre de haut, est identique», précise Stéphane Pinta du cabinet Turquin. Tout comme les énergiques coups de pinceau et l’épaisse matière. Quant à l’identification du sujet, les dernières hypothèses font état d’Archimède, de Thalès, de Démocrite ou surtout d’Apollonios de Perga. Avec Archimède et Euclide ses prédécesseurs, ce dernier (né vers 240 av. J.-C. et mort au début du IIIe siècle) est l’une des trois figures les plus éminentes de l’âge d’or de la mathématique hellénistique. Célèbre pour ses écrits sur les sections coniques, il a donné à l’ellipse, la parabole et l’hyperbole les noms que nous lui connaissons, des figures que l’on retrouve sur notre toile. Clin d’œil enfin, notre vieillard apparaît dans la toile de Giovanni Lanfranco, Saint Sylvestre domptant le dragon, exécutée en 1628 et conservée à l’église Sainte-Thérèse de Caprarola, au nord de Rome.

Panorama (avant-vente)

Néoclassicisme italien

Le 11 juin 2020, par Claire Papon

Ce Portrait du général Junot (1771-1813) (27,5 x 20,3 cm) par Andrea Appiani (1754-1817) provoquera-t-il une bataille d’enchères à la hauteur du surnom…

Néoclassicisme italien

Ce Portrait du général Junot (1771-1813) (27,5 20,3 cm) par Andrea Appiani (1754-1817) provoquera-t-il une bataille d’enchères à la hauteur du surnom du modèle, La Tempête ? Il est annoncé à 8 000/10 000 mardi 16, salle 15 à Drouot chez Daguerre (cabinet Turquin, expert). Jean-Andoche Junot connut un destin tumultueux. Engagé dès la Révolution dans le bataillon des volontaires de la Côte d’Or, il est blessé d’un coup de sabre à la tête en 1792, provoquant une cicatrice qui ne cessa de se rouvrir, l’incitant à se laisser pousser les cheveux en une ample crinière rousse. Il arbore le brassard blanc et rouge d’aide de camp, titre qu’il a acquis lors de la bataille de Millesimo. Perdant ce qui lui restait de raison durant la campagne de Russie, Junot met fin à ses jours. Ce tableau, habillé d’un cadre italien en bois sculpté doré fin XVIIIe, a été exécuté à Milan, vers 1796-1797.

Agenda

Les amateurs retiendront leur souffle pour une toile de jeunesse de Jusepe de Ribera, Un philosophe : l'heureux géomètre exécuté dans les années de jeunesse de l'artiste, à Rome (voir En couverture, Gazette n° 2, page 8). Elle est estimée 200 000/300 000 €, tandis que 8 000/10 000 € seront à engager tant pour un Portrait du général Junot du néoclassiciste ialien André Appiani que pour celui de Mathurin Crucy (1749-1826), architecte nantais, attribué à Jacques Sablet. Côté sculptures, on aura notamment le choix entre une Orante en albâtre de l'école flamande XVIIe (3 000/4 000 €) ou un buste en terre cuite d'Auguste Rodin, figurant madame Cruchet, épouse de l'entrepreneur et décorateur Cruchet, également mécène de l'artiste (15 000/20 000 €). Enfin, comptez 40 000/60 000 € pour espérer devenir l'heureux adjudicataire d'un bureau plat "à la grecque" de Montigny (époque Louis XVI) en placage d'ébène, bois noirci et laiton ouvrant à trois tiroirs en ceinture dont un secret. Parfois estampillé de René Dubois, ce type de bureau est caractéristique des productions de Philippe Claude Montigny. Dénommés "à la grecque", ces meubles de différentes tailles furent livrés dès 1765 par le marchand mercier Poirier auprès du comte de Coventry, notamment.

tableaux, mobilier et objets d'art, gravures, dessins
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