Un élève de l’atelier de Jusepe de Ribera

Le 11 février 2021, par Claire Papon

Que ce portrait de Dioscoride vous en évoque un autre n’a rien d’étonnant. Son auteur ? Un élève de l’atelier de Jusepe de Ribera.

École napolitaine du XVIIe siècle, atelier de Jusepe de Ribera, Le Philosophe Dioscoride, huile sur toile, 127 96,5 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Le 16 juin 2020 (même maison de ventes), un tableau de Ribera, Un philosophe : l’heureux géomètre, était disputé jusqu’à 1 820 000 €. Il avait été réalisé durant la jeunesse romaine de l’artiste et constituait une redécouverte. Rien de comparable aujourd’hui, si ce n’est que notre toile est une reprise de la composition de Ribera conservée au palais du monastère San Lorenzo de El Escorial, à Madrid, exécutée en 1629 et connue par plusieurs versions. Ribera a peint ces figures de philosophes, tant dans la Ville éternelle, où il séjourne presque dix ans, qu’à Naples, où il arrive en 1616. Ces trognes inimitables plaisent aux collectionneurs tout au long du XVIIe siècle. On retrouve ici la belle matière, la lumière zénithale – rappelons qu’à Rome l’artiste avait fait percer le plafond de son atelier –, le ténébrisme caravagesque, et une figure populaire en haillons, tirée de la rue ou de la taverne, burinée par le soleil, aux yeux pochés et au nez boursouflé, à la bouche édentée, opposée à la noblesse littéraire ou scientifique du sujet, indiquée par des livres et parchemins. Identifié d’abord au fabuliste grec Ésope, notre personnage pourrait être le philosophe botaniste Dioscoride (vers 40-vers 90). Comme le laisse penser la mention «Isopo» sur l’ouvrage, ce médecin aurait mis à profit ses voyages aux côtés de Néron pour approfondir ses connaissances cliniques et botaniques, dont il tira son De materia medica, un traité en six livres contenant la description de six cents plantes…

Agenda
Une toile de l'école napolitaine du XVIIe de l'atelier de Jusepe de Ribera figurant Le Philosophe Dioscoride (20 000/30 000 €), un panneau de Joost Cornelisz Droochsloot, Paysans fuyant un incendie (8 000/10 000 €), le portrait d'une Jeune femme costumée en sultane, attribué à Louis de Silvestre (4 000/6 000 €) et une Scène de banquet sous des arcades, signée Michel Boyer (1668-1724, 8 000/10 000 €) constituent l'essentiel de ce qu'il faut retenir côté cimaises. En vitrines, une plaque en ivoire sculpté d'une Allégorie de la Monarchie de l'école française XVIIIe (800/1 200 €) voisine avec une fontaine de table en forme de Bacchus en majolique d'Urbino (atelier des Patanazzi, XVIe, 1 500/2 000 €), une pendule en bronze ciselé doré d'époque Louis XVI à décor d'angelot tenant un médaillon représentant Henri IV (Jean-Baptiste Duluc, 3 500/4 000 €) et une paire de vases bouteille en porcelaine émaillée (monture de bronze ciselé XIXe) de la période Qing (2 000/3 000 €). Du bon mobilier d'époque dont un fauteuil bas de Michel Cresson (1 800/2 000 €) et un bureau cylindre en acajou et placage d'acajou de Ferdinand Bury (6 000/8 000 €) sont à noter, de même qu'une chaise à porteur en bois mouluré, sculpté et peint en camaïeu vert, d'époque Louis XV (3 000/4 000 €).
vendredi 19 février 2021 - 02:00 - Live
Salle 2 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Daguerre
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